Transport

Transports en commun en Algérie / entre saleté, langage ordurier et harcèlement : Jusqu’à quand le calvaire des femmes ?

À Annaba, comme partout en Algérie, les passagers se révoltent souvent sur la qualité des services offerts dans les terminaux des transports urbains, dits en commun, notamment à cause de la saleté, des mots déplacés, ainsi que le harcèlement.

Des odeurs fétides qui régnent et des déchets qui sont jetés par ici et par là. Cette atmosphère malsaine est devenue habituelle pour ceux qui fréquentent ces moyens quotidiennement.
Les propriétaires de ces moyens accusent les passagers de ne pas respecter les règles de propreté, un propriétaire d’un autocar nous a déclaré : « on achète un autocar qui nous coûte les yeux de la tête, après quelques mois en service, il devient dans un état lamentable »
Pour les femmes, un simple trajet de 20 minutes est devenu un cauchemar à cause des insultes qu’elles entendent et le harcèlement qu’elles subissent. Les harceleurs, qui ne perdent pas la moindre occasion pour se coller aux femmes, tentent de justifier leurs actes pervers par les tenues vestimentaires et le maquillage exagéré de certaines d’entre elles. Et ce, malgré la sanction de cette pratique par la loi algérienne dans son article 333.bis.2 : « Est puni d’un emprisonnement de deux à six mois et d’une amende de 20 000DA à 100 000 DA ou d’une de ces deux peines, quiconque importune une femme, dans un lieu public par tout acte, geste ou parole portant atteinte à sa pudeur ».
Pour lutter contre ce phénomène étrange à nos sociétés arabo-musulmanes, certains pays arabes ont mis en service des buses dédiés uniquement aux femmes comme c’est le cas du Maroc et de l’Égypte.
De notre côté, afin d’avoir une société saine et des transports en commun propres, il faut commencer par soi- même : ne pas jeter des déchets partout, faire apprendre à nos enfants que la propreté fait partie de notre religion et de se réconcilier avec nos valeurs et nos principes arabo-musulmans et tout ira vers le mieux.
Nadira Benteboula