SNTF

Transport terrestre de marchandises : La SNTF à la reconquête d’un marché en retrait

Dans une intervention sur les ondes de la Radio algérienne, le président directeur général de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), Yacine Bendjaballah, a appelé les opérateurs économiques à s’orienter davantage vers le transport de marchandises par voie ferroviaire. Demeurant marginal, en dépit des multiples projets réceptionnés par la SNTF, le transport de marchandise peine à se développer dans la chaîne logistique.
Au moment où la société nationale des transports ferroviaires fait face à des difficultés financières, le développement du transport de marchandises peut s’avérer comme étant un «remède» pour celle-ci. C’est dans cette optique que le président directeur général de la SNTF, Yacine Bendjaballah, a estimé, hier que certains opérateurs économiques sont «déconnectés», voire très peu renseignés sur ce type d’acheminement. «Aujourd’hui, il est impératif de mettre en place une inter-modalité entre tous les moyens de transport ; ce qui contribuerait à changer leur mentalité», a plaidé le P-DG, jugeant indispensable de revoir certaines lois, notamment, d’introduire une tarification «unique» pour les divers modes de transport. De surcroît, le même responsable a jugé nécessaire d’introduire des modèles de manutention efficients en faisant notamment en sorte que les bateaux de marchandises, tout comme les ports, soient mieux adaptés aux modes de transport par rail. « Il est également utile d’introduire des systèmes moderne de manutention, de même que de prendre en compte l’aspect informatique relatif à la gestion des modalités de cette activité», a-t-il encore préconisé en vue de booster ce segment. Le tout contribuerait, selon lui, à «développer la fameuse chaîne logistique qui nous manque aujourd’hui». Appuyé sur un réseau de 12.000 kilomètres, reliant différentes régions d’Algérie, le rail dispose de tous les atouts pour se présenter en alternative aux autres moyens de livraison de marchandises. Il convient de rappeler que la SNTF est fortement dépendante de la dotation de l’État, et ce, malgré une forte hausse du nombre de voyageurs durant les cinq dernières années. D’ailleurs, le chiffre d’affaires de la société a connu une stagnation due à la perte de parts de marché dans le segment fret. Par ailleurs, il convient de rappeler que le président directeur général de la SNTF avait qualifié, il y a quelques mois, la situation financière de la SNTF de «précaire» affirmant que celle-ci est en train de «chercher d’autres sources de financements». En chiffres, la société ne détient actuellement que 2% du marché terrestre du transport de marchandises. Elle prévoit de concrétiser un vaste programme de développement de ce créneau à l’horizon 2023, pour atteindre les 17 %, à travers la réception de nouveaux matériels et locomotives dédiés au transport de marchandises. L’objectif étant de d’atteindre les 30 millions de tonnes transportées, d’ici 2023, au lieu des 13 millions de tonnes actuellement. Un programme portant réalisation de liaisons ferroviaires pour le transport de marchandises desservant les différentes unités industrielles dans l’Est du pays a été ficelé pour accompagner le processus en cours de développement économique. Les opérateurs économiques sont appelés à s’orienter vers la logistique en vue de hisser le transport ferroviaire de marchandises, et à changer les mentalités.
Lamia Boufassa