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Tomber de rideau sur les législatives de 2017 : Ce qu’il faut retenir…

Le rideau tombe sur les législatives de 2017 avec pas vraiment de surprises. Plutôt des confirmations. Des partis ont gagné du terrain au détriment d’autres ; mais ce n’est pas le chambardement.

La logique politique et sociale a été respectée, et il n’y a pas véritablement à crier au loup, sauf si l’on regarde du côté des abstentionnistes, alors là, oui, il y a matière à réfléchir pour le président de la République et pour le gouvernement sur la représentativité de la nouvelle Assemblée nationale. Dans les rangs des partis, le FLN s’en sort un peu «déplumé», mais toujours en tête.
Ce n’est pas le raz-de-marée que prévoyait Ould Abbès, loin s’en faut. Le RND le talonne presque, et Ouyahia peut se targuer d’avoir fait gagner des points, donc des sièges, au profit de son parti. Pour Djamel Ould Abbès, ces résultats ne reflètent pas un échec, même après avoir obtenu 164 sièges contre 220 en 2012. Il persiste à voir dans son parti «le premier dans le pays avec le nombre des sièges et des votants».

Une vie politique menacée par l’immobilisme
La stabilité a été acquise de nouveau, mais à quel prix ? Il était plutôt meilleur de voir émerger des nouvelles forces politiques, démocratiques de préférence, pour injecter du sang neuf à une vie politique menacée par l’inertie et le statu quo. Même si l’hégémonie sans partage du FLN est incontestable, aucun changement notable n’a été enregistré. Les mêmes dominants, les mêmes outsiders, les mêmes soutiens et les mêmes laudateurs. C’est toute la classe politique, coalition comme opposition, qui demeure loin de toute volonté de changer, de rectifier ou de remodeler sa conduite. Sur les 53 partis politiques engagés dans les législatives, 36 partis ont gagné droit de cité à l’Assemblée populaire nationale. Mais, hormis quatre ou cinq, les autres n’auront même pas la prétention de s’assembler en groupes parlementaires. Ils seront contraints, une nouvelle fois, à jouer le jeu des alliances et des conglomérats au sein de l’hémicycle pour être pesants.

Tous les partis politiquement perdants
Derrière les partis d’Ould Abbès et Ouyahia, les islamistes pointent le nez. Alliance MSP-FC : 33 sièges, TAJ : 19 sièges, Ennahda : 15 sièges. Réunis, ils constituent la troisième force, mais pourraient-ils être réunis? Ghoul se mettra-t-il au service de Mokri? Ou Djaballah aux côtés de Menasra ? Peu probable, lorsque l’on connaît la lutte de leadership qui secoue la tendance des partis «ikhwan» depuis la disparition de feu Mahfoud Nahnah et le morcellement du Hamas d’origine en une multitude de petits partis fragmentaires. Très bien implantés dans l’est du pays, mais très mal représentés dans la Capitale, les grandes villes du centre et de l’ouest, les partis ikhwan avaient besoin de la base salafiste, mais celle-ci ne les a pas aidés pour les mêmes raisons qu’en 2012. Les deux grands perdants demeurent le FFS et le RCD. Même en Kabylie, ils n’ont pas eu un rendement appréciable. Laminés par les abstentionnistes, ils n’ont pas brillé. Le recul du FFS avec 14 sièges est symptomatique de ces législatives. La grande débauche d’énergie qu’il a démontrée sur le terrain depuis plusieurs semaines n’aura servi à rien. Le RCD, dont on attendait le retour politique avec impatience, n’aura pas fait long feu, réalisant un score moindre que le FFS. Avec 9 sièges obtenus à Tizi Ouzou, Béjaïa et Alger, le RCD confirme son recul. Ni Tizi Ouzou, ni Bejaia n’ont été très favorables aux deux partis. Il est vrai que le taux d’abstention a été très important dans la Kabylie, mais cela n’explique pas tout. Louisa Hanoune sort elle aussi «déplumée» de ces législatives ; elle s’en sort aussi «sonnée». Son recul peut s’apparenter à une menace d’effacement du parti à un moment où sa très longue présence à la tête du parti est remise en cause.
F. O.