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Tizi-Ouzou : Le développement de la BD en Algérie dépend des éditeurs

Le développement de la bande dessinée en Algérie dépend de l’implication des éditeurs, indique à Tizi-Ouzou l’ancien bédéiste Abbas-Kebir Benyoucef, de Miliana (Ain Defla) en marge de la deuxième édition du Festival national de la Bande dessinée et de la caricature, ouverte mercredi au Centre de loisirs scientifiques (CLS).

«La Bande dessinée se développerait davantage si les maisons d’édition ouvrent leurs portes aux jeunes talents, car si la machine éditoriale s’ébranle la BD va encore se développer et s’épanouir», explique à l’APS le bédéiste, qui a 40 ans de carrière dans cette activité et qui a publié depuis 1978 pas moins de 10 albums de BD. «Actuellement une seule maison d’édition s’est spécialisée dans la publication de BD. Il s’agit des éditions Dalimen qui appartiennent à la commissaire du festival international de la Bande dessinée d’Alger (Fibda)», souligne Abbas-Kebir Benyoucef. Quant au lectorat de BD, ce même dessinateur ayant opté pour l’Histoire de l’Algérie comme thème pour ses créations et ayant publié, entre autres, des BD sur «Kahina, reine des Aurès», «Le petit Omar, l’enfant héro de la guerre de libération nationale», «Les événements tragiques du 17 octobre 1961» et «L’Algérie des origines jusqu’à novembre 54», estime que «les friands de cet art existent.» La preuve est donnée par le Fibda qui reçoit un nombre important de visiteurs, dont des jeunes et des familles qui s’y rendent pour s’enquérir des nouvelles productions. Avec le Fibda, lancé en 2008, poursuit Abbas-Kebir, «il y a de la production grâce aux résidences de dessins organisées deux à trois mois auparavant, encadrées par des spécialistes et qui sont sanctionnées par la publication de recueils de BD des participants». S’agissant de la production elle-même, ce bédéiste relève que «la jeune génération de dessinateurs est très attirée par les mangas (école asiatique), alors que l’ancienne était plutôt inspirée par l’école franco-belge dite classique, créant un petit conflit de générations». A ce propos, Abbas-Kebir Benyoucef conseille aux jeunes «d’élargir leur vision artistique» et «sortir du manga pour diversifier leur art», avant d’observer que «depuis peu on commence à découvrir de jeunes talents qui font de la BD classique». Le festival national de la BD et de la caricature de Tizi-Ouzou, organisé par la direction de la jeunesse et des sports en collaboration avec l’association culturelle Assalas et placé sous le haut patronage du ministre de la Jeunesse et des Sports et sous l’égide du wali de Tizi-Ouzou, se poursuivra jusqu’à samedi prochain. Une exposition d’oeuvres des participants issus d’une vingtaine de wilayas, des conférences-débats, des sorties découvertes, de l’animation, un quizz de la BD et un concours de la meilleure BD et de la meilleure caricature sont au programme de ce festival placé sous le slogan «Vivre ensemble en paix».