Terrorisme en mode « armée en campagne » aux frontières sud-est et faux réfugiés syriens : 4 000 suspects dans le listing du renseignement

L’année 2019 sera aussi, outre les soucis économique, pétrolier et politique, l’année sécuritaire. L’Algérie ne fait pas uniquement face au casse-tête des réfugiés syriens, mais à près de 4 000 suspects qui peuvent, pour peu que les conditions leur soient propices, porter la ruine et la dévastation dans les pays de la triple région saharo-sahélo-maghrébine.

4 000, c’est la liste remise par le renseignement algérien à ses homologues, alliés, voisins ou occidentaux pour les identifier, les localiser et les neutraliser. Les ONG droits-de-l’hommistes internationales ont cette manie de privilégier la libre circulation des personnes et de leur porter aide et assistance, mais rarement elles se soucient de ce que les flux de réfugiés peuvent charrier avec eux comme germes de fondamentalisme et de l’extrêmisme.
Les Syriens ne sont pas les seuls suspects dans le dossier des faux réfugiés, pour l’armée algérienne, même s’ils présentent, selon des données récentes, les profils les plus suspects. Il ne s’agit pas du retour des seuls maghrébins au bercail, loin s’en faut, car la proportion des Algériens dans les listes des candidats au djihad en Syrie depuis 2011 reste le moins significatif, n’excédant jamais les 150 éléments, beaucoup moins que les Tunisiens, principaux pourvoyeurs de Daesh en Syrie, et les Marocains, en seconde position des pays maghrébins pourvoyeurs de Daesh. Il y a aussi des Orientaux d’origine qui tentent pour un premier temps, de pénetrer en Algérie pour, dans une seconde étape, porter le danger là où ils peuvent, continuant dans la droite ligne de leur idéologie djihadiste dans le vaste monde arabo-musulman.
Entre l’impératif sécuritaire et le souci du respect des droits de l’homme et l’assistance aux personnes déplacées malgré elles, l’Algérie œuvre à concilier les deux, tout en mettant en avant, dans ses priorités, la sécurité et la stablité du pays d’abord.
Chassés de Syrie et d’Irak, après leur défaite, par l’armée de la république syrienne et ses alliés, les éléments de Daesh ont trouvé un « couloir » tout tracé. Le sinaï, la Libye, puis le Sahara-Sahel. Tellement bien tracé qu’il suscite des doutes.
L’Algérie est dans le viseur des groupes armés depuis longtemps, d’autant qu’une implantation sur les plates-bandes d’Al Qaïda dans l’azawad n’est pas facile, car la cohabitation entre les deux organisations terroristes semble impossible et improbable. D’après un bilan opérationnel rendu public en fin d’année, l’Anp donne des indications effrayantes sur son bilan d’activité antiterroriste. Les différentes opérations menées par les unités de l’Armée nationale populaire (ANP) au cours de l’année 2018 se sont soldées par l’élimination de 32 terroristes, l’arrestation de 25 autres et la reddition de 132 aux autorités militaires.
Si l’année 2018 s’est distinguée par de «grands résultats» en matière de lutte antiterroriste et contre la contrebande, le trafic d’armes, le narcotrafic et la criminalité organisée, et ce, par «la neutralisation et l’arrestation d’un nombre important de terroristes, le démantèlement de plusieurs réseaux de soutien et la destruction d’un grand nombre de casemates et d’abris servant de refuges aux groupes terroristes», les menaces «silencieuses» demeurent potentielles et insidieuses, renseignant sur l’existence de plans d’attaques imprévisibles qui interdisent tout relachement de la vigilence. Cela est d’autant plus étayé par les cache-d’armes, les ateliers de fabrications et les arsenaux mis à jour et récupérés. Ainsi, il a été procédé à la découverte d’ateliers de fabrication d’explosifs, la récupération de 707 pièces d’armement, 231 kalachnikovs, 388 fusils, 25 pistolets, 48 mitrailleurs, 15 lance-roquettes, la récupération de 399 chargeurs, 52 chaînes de munitions et 94 764 balles de différents calibres, 42 grenades, 143 charges propulsives, 160 détonateurs, 457 capsules pour explosifs et 498 obus».
De même, les éléments de l’ANP ont aussi découvert et détruit «512 bombes de confection artisanale, 61 mines, 32 téléphones piégés, 2 224,2 kg de matières explosives et 1659.87 kg de produits chimiques servant à la fabrication des explosifs».
Par ailleurs, dans le cadre de la sécurisation des frontières et de la lutte contre la contrebande et le crime organisé, des détachements de l’ANP ont arrêté «611 narcotrafiquants, 1 800 contrebandiers, 950 orpailleurs et 41 plongeurs sans autorisation».
Au-delà des détails techniques, il y a lieu de s’apesantir sur l’essentiel. Les menaces sont là, discrètes, perfides et permanentes.
I.M. A.