Ould Ali

Sur fond de guerres de clans et de crises sans fin : Où va le sport algérien ?

Et l’on repart pour d’autres batailles (ne menant nulle part car tout le monde, le mouvement sportif en tête, est perdant dans des affaires sentant la magouille à mille lieux à la ronde) que se mènent, épisodiquement, les différents acteurs d’un sport algérien à la dérive. Dégâts énormes garantis dans un édifice déjà sérieusement ébranlé et croulant sous les coups de boutoir de clans n’ayant cure de l’intérêt général. On ne parlera pas des résultats à l’international. Catastrophiques. Qui est qui et qui fait quoi ? That’s the question. On y perd son latin.

La politique du pire
Une mauvaise nouvelle. Encore une et sûrement pas la dernière: la Fédération algérienne de karaté-do vient d’être suspendue, avec «effet immédiat» de toutes les compétitions internationales et régionales et ce, dans le prolongement de la décision prise auparavant par l’Union des Fédérations africaines de karaté (UFAK). Ainsi en a finalement décidé la (WKF (lire la Fédération internationale de karaté) qui n’a pas mis longtemps pour sévir en sortant le carton rouge sous la forme d’une sanction sans appel après que les délais de 45 jours impartis à l’instance en charge de la gestion de cette discipline qui a défrayé la chronique au retour des derniers championnats d’Afrique à Yaoundé (Cameroun), aient expiré sans que la partie algérienne ne juge utile de prendre «des résolutions» en mesure de décanter la situation et répondre ainsi aux doléances des instances internationales, après, rappelle-t-on, que le président du directoire installé pour gérer les affaires de la FAK, Aboubakre Mekhfi avait été sanctionné par l’UFAK pour avoir critiqué et accusé le président de cette dernière et président de son état, en l’occurrence Mohamed-Tahar Mesbahi, le 1er accusant le second d’«avoir mis des bâtons dans les roues» de la délégation algérienne ayant pris part à la récente messe continentale. Une bien mauvaise nouvelle qui devrait, sauf miracle, ouvrir d’autres pages sombres avec le risque certain encouru par d’autres fédérations spécialisées (on parle avec insistance et en particulier de celle du noble art qui se trouve depuis assez longtemps dans l’œil du cyclone, et donc sur le ban de la communauté sportive internationale avec bien des coups bas) dans le collimateur et pas très loin de connaître le même sort, une suspension de toutes les compétitions planant, telle une épée de Damoclès, sur la tête de nos pugilistes vraiment pas servis par la tournure prise par les derniers évènements, eux qui font face à moult tracas enfreignant leur marge de progression et les empêchant de se montrer à la hauteur de leur talent, la boxe demeurant, bon an mal an et en dépit de tous les problèmes, une des disciplines les plus performantes chez nous. Chaotique, la situation du sport algérien ? La réponse, cinglante, coulant de source, est contenue dans la question même. Une situation ouverte constamment sur le pire et dont l’image parfaite est renvoyée par cet interminable bras de fer opposant le ministère de la Jeunesse et des Sports et l’instance dite morale du sport algérien, le COA, représentés respectivement par le N°1 du secteur, Ould Ali, et le président Mustapha Berraf. Un conflit sans fin que la main tendue dernièrement par le boss du COA, rassuré pourtant par le soutien indéfectible du CIO (une invitation publique ayant été adressée au propriétaire du fauteuil du «1er Mai» pour une éventuelle «réconciliation») malheureusement rejeté sans autre forme de procès, ce qui augure, on le craint, d’une plus grosse fracture, le ministre de tutelle décidant finalement d’aller au clash sans se soucier des risques encourus par un sport national collectionnant les déculottées et sur la pente raide.

Guerres de tranchées
Dans le mauvais couloir comme l’assène notre premier sport olympique, l’athlétisme qui retourne bredouille de la capitale anglaise, Londres, où viennent de se dérouler les championnats du monde. Une autre déroute des «Verts» et la mauvaise intuition, toujours, que le pire est devant nous. Qu’il faille craindre pour notre présumée «élite» mal servie par une gestion technique (on ne parlera pas de la gestion des ressources humaines) épousant le bricolage ambiant, la majorité des responsables ayant définitivement choisi de camper sur leurs éternelles positions où le clientélisme et le clanisme ont la part belle au détriment de ce réservoir en talents sans cesse sacrifiés sur l’autel de la bêtise et des intérêts personnels. Tout récemment encore, le Ministre, Ould Ali, mettait sur place une cellule de crise à l’effet d’étudier les retombées néfastes (on ne peut pas les qualifier autrement) du gel de la Fédération algérienne de karaté par la Fédération internationale qui vient de démontrer, lourde sanction à l’appui, qu’aucune entité n’est au dessus de ses lois et règlements auxquels la FAKT a, évidemment, souscrit. Doit respecter. Loin des réactions intempestives. Des guerres de tranchées qui remettent au goût du jour les interrogations qui entourent la gestion même d’un département et certaines réalités palpables qui se font jour ces dernières années, le secteur demeurant l’otage de cliques rendant insolubles les divisions et tous ces règlements de comptes autour, notamment, de la préparation des grands rendez-vous sportifs internationaux où l’on n’attend presque plus rien de nos représentants comme le confirment les scandales (entre abandons en série, et disqualifications, on n’arrive plus à se situer, dont accouchent nos athlètes à l’occasion des Mondiaux) en l’absence, pour cause de «blessure» de son chef de file, Makhloufi, notre pays y prend part avec huit noms expliquant finalement leur présence par un souci d’y participer seulement quitte à faire un petit tour pour saluer le public ou s’aligner sur la ligne de départ avant de se faire inviter par les juges à retourner aux vestiaires, pour des erreurs de débutants en enfreignant les règlements, et regarder la course à partir de la main courante si le cœur leur en dit, d’athlétisme dans leur version «british» qui ont débuté le 04 août en cours et se termineront ce dimanche sur un zéro pointé. Un constat d’échec et un signe de décadence qui ne trompe personne malgré les tentatives finalement vouées à l’échec de duper l’opinion de la part de ceux qui, précisément, et à partir de leurs laboratoires fait par et pour les mauvais génies, affirmaient le contraire par des prévisions en décalage grave avec la réalité du terrain.

Pendant ce temps-là…
Où sont passées les deux médailles et les cinq places de finalistes promises avant le départ pour le pays de Sa Majesté ? On en reparlera certainement. Pendant ce temps, on se crépit le chignon à tout-va, chacun (dans toutes les disciplines, et le piteux spectacle que nous offrent les deux plus hauts responsables de notre football avec un drôle match et des comptes personnels soldés à coups de communiqués de presse) allant de ses mots «doux», l’écrasante majorité de nos fédérations spécialisées se … spécialisant dans l’art inégalé (à enseigner dans les grandes universités) de tirer sur l’autre. Cet adversaire qui, souvent, arrive sur scène sans autre projet que l’art de l’invective et de l’insulte comme l’aura, encore une fois et sûrement pas de trop (bonjour de nouveaux dégâts et une régression en marche avec un glissement plus que dangereux aux fins fonds de la hiérarchie mondiale, toutes disciplines comprises), une base n’en comprenant mais. Le constate à ses dépens depuis le dernier renouvellement des mandats olympiques, avec un pic lors des AGEX du Comité Olympique (COA) et du sport-roi (Faf) où tout le monde a pu, la mort dans l’âme, évaluer aussi bien les dégâts (on y était depuis assez longtemps déjà pour ne pas s’étonner du niveau des différentes parties en concurrence, même si, dans le cas qui nous intéresse, le mot a perdu de son sens) que les fractures. Des divisions, des joutes on dira, savamment entretenues à des fins inavouées portées par un système opaque où l’intrigue, l’énigme et les attaques sous la ceinture font et défont les hommes et imposent la marche à suivre. Depuis que le ministre, Ould Ali, et le Président du COA, Berraf, ont choisi d’entrer en guerre, on a pu vérifier combien les points de vue (les intérêts personnels?) étaient inconciliables, els ponts définitivement coupés. Un tournant dangereux pour le sport algérien qui, entre temps, disparaît aussi doucement que très peu sûrement aux dernières loges d’un sport mondial avançant à grands pas dans une mondialisation où les retardataires n’ont plus de place. Où seul le travail à long terme compte. Pendant ce temps là…
Azouaou Aghilas