Pompe à essence

Stations-service, magasins et supmerarchés grouille en cette fin d’année : Le grand rush des Algériens

À la veille de la nouvelle année, soit durant la journée de dimanche, les scènes observées devant les stations services et magasins de commerce s’assimilent à une apocalypse digne d’un film américain. Les automobilistes, hantés par la hausse des prix des carburants, ont pris d’assaut les pompes à essence/gasoil, alors que les citoyens en général se sont mis à stocker les produits qui seront interdits à l’importation. L’alerte a été donnée : à partir du 1er janvier, le consommateur devra payer plus cher qu’il le fasse à une journée de cette date butoir.

Tandis que la plupart des nations du monde célèbrent la nouvelle année dans le bonheur et la joie, les Algériens, quant à eux, sont tombés dans un affolement qui les a poussés à chercher la «meilleure» solution pour parer aux flambées qu’annonce 2018, mais aussi à l’indisponibilité de certains produits. Chocolats, fromages, produits détergeant, électroménagers… etc. Par craintes de pénuries, les citoyens ont eu l’ingénieuse idée de s’approvisionner en ces produits, même si parfois les prix de certains ont pratiquement doublé. Du coté des stations d’essence/gasoil, une ambiance électrique régnait le 31 décembre, et ce moins de 24 heures avant la hausse des prix instaurées dans la loi de finances 2018. Comme cela devient de coutume, les citoyens se sont précipités à faire le plein de leurs véhicules, histoire d’économiser quelques dinars. «C’est devenu infernal, la hausse des prix des carburants entamée en 2016 s’accentue davantage. Je veux remplir mon réservoir avant de ne devoir payer plus », a affirmé Mounir rencontré dans une pompe à essence. Quant à lui, Hamza nous a précisé qu’il n’a pas pu faire le plein, en raison du rush qui a eu au cours de la journée de dimanche. «Je suis sortie la nuit, et je suis passé à la pompe à essence, afin de remplir mon réservoir mais j’étais contraint de faire demi tour étant donné que l’essence était introuvable dans un bon nombre de stations », atteste-il.
Mais pour un bon nombre de citoyens, ce qui est à craindre c’est la répercussion de la hausse des prix des carburants sur le reste des denrées et prestations. « On parle d’ores et déjà d’une hausse des prix du transport, alors que dans les autres pays on cherche à améliorer les prestations», regrette Nadia mère de deux enfants. «Au moment où trouver un taxi à Alger relève d’un véritable parcours du combattant, on préfère nous parler des augmentations», a-t-elle ajouté, tout en précisant que les prix appliqués ne sont guère en adéquation avec la qualité des services. Pour sa part, Baya femme au foyer accueille l’année 2018 avec beaucoup de pessimisme. «On dépense, moi et mon mari, plus de 30 millions par an pour le loyer, comment on va faire pour faire face à la hausse des prix ?», nous a-t-elle signalé avant de préciser «nous nous contentons du minimum vital, les fruits et les viandes relèvent du luxe et ne me parlez pas de loisirs, car cela est vraiment au-dessus de mes moyens». Une chose est sûre pour elle, «ça va de mal en pis». «Je commence sérieusement à m’inquiéter, les années passent et les mesures d’austérité deviennent de plus en plus draconiennes» a lancé, pour sa part, Hichem rencontré dans le quartier populaire de Bachdjerrah. «On dirait que la misère s’installe chez nous», appréhende-t-il. Du côté des Algériens qui appréhendent les pénuries des produits importées, il faut dire qu’ils n’ont pas manqué de faire leurs approvisionnements. Rencontré dans une superette huppée à Alger, Marwa a bien rempli son chariot. «J’ai lu dans la presse nationale, que de nombreux produits vont être interdit à l’importation, c’est pour cette raison que je fais des courses», a-t-elle dit. Pour ce qui est de l’électroménager et du meuble, les citoyens ont préféré faire leurs achats «essentiels » avant la fin de 2017. D’ailleurs, les vendeurs d’électroménagers affirment que les ventes se sont rafraichies au lendemain de l’annonce de l’interdiction à l’importation. «Les citoyens craignent que le produit national ne couvre pas la demande ce qui se répercutera sur les prix, c’est pour cette raison qu’ils ont préféré faire leurs achats avant la fin de l’année», a reconnu un vendeur d’électroménagers à Kouba, tout en précisant que certains consommateurs préfèrent le produit importés, ce qui explique le rush des derniers jours. C’est le cas d’Ahmed qui a préféré acheter un téléphone portable en remettant en doute la qualité des téléphones montés localement. Dans tout les cas de figure, quelque soit leur classe dans la société, les Algériens devront se serrer la ceinture pour 2018. Mais, bonne année quand même !
Lamia Boufassa