Etudiants

SOUS LE SLOGAN : «POUR UNE RÉELLE TRANSITION DÉMOCRATIQUE» : Impressionnante mobilisation des étudiants

Infatigables, les étudiants et enseignants ont battu le pavé, hier, dans les grandes villes du pays, à l’occasion de la 27e marche nationale pacifique de suite, pour le changement et l’édification d’un État de droit.

Une énième marche à travers laquelle la communauté estudiantine a, dans de nombreuses régions du pays pour n’en citer qu’Alger, Oran Annaba et Béjaïa… encore une fois, montré sa maturité politique et sa volonté à aller jusqu’au bout de ses objectifs pour le changement dans le pays. À travers ce 27e acte pacifique, qui est le dernier avant la rentrée sociale, les étudiants ont affiché leur détermination à poursuivre la lutte pacifique pour réclamer un changement profond du système avec le départ de ses symboles. Le hasard du calendrier a fait que cette action coïncide avec le bouclage du 6e mois de manifestation du peuple algérien, depuis notamment l’historique 22 Février. Hier, à Alger, en guise de soutien aux étudiants, des centaines de citoyens, de tous les âges, ont tenu à être présents à cette action de protestation qui se veut l’expression du «rejet massif du système politique en place», comme nous l’a souligné un marcheur sur place. La participation de citoyens à cette action a comblé le déficit en mobilisation enregistré parmi les étudiants en cette période creuse de l’année. Parmi la foule, nous avons pu reconnaître des artistes et des comédiens algériens. C’est ce qui a fait drainer davantage d’autres citoyens. Ces personnalités du monde culturel ont d’ailleurs été rejoint par des fans qui en ont profité pour «poser» avec leurs «vedettes» par le moyen de «selfies» et autres «lives» sur facebook pour marquer la manifestation.

Hommage aux victimes du concert de «Soolking»
Ainsi, en attendant leur 28e acte mardi prochain qui s’annonce décisif et plus mobilisateur, puisque leur prochain rendez-vous sera le premier, après la reprise des cours universitaires, augurant ainsi, d’une plus forte présence des étudiants, à la marche, notamment, dans la Capitale où hier ce sont les citoyens qui sont venus les appuyer afin d’aller au bout de leur action pacifique. Ils ont marché parmi les étudiants avec le sentiment de « révolte » qui se reflétait sur les différentes banderoles qu’ils ont brandies. Avant d’entamer sa marche, la foule nombreuse a entonné l’hymne national «Kassaman», à la Place des Martyrs, lieu de rassemblement des manifestants. Ils ont également observé une minute de silence à la mémoire des cinq victimes mortes lors d’une bousculade au concert du rappeur algérien «Soolking», qui s’est produit jeudi dernier au stade du 20-Août 55 à Alger.Arrivés à la Rue Bab Azzoun, les manifestants ont scandé « Libérez nos enfants » (détenus pour port de l’emblème amazigh) et «Libérez Bouregâa.» La marche a démarré de la Place des Martyrs pour atteindre la Place Maurice-Audin, en passant par Bab Azzoun, la rue Ben-M’hidi en empruntant la rue Ali Boumendjel. «Marhala intikalya machi intikhabya : (Une période de transition et non pas d’élection)», scandaient de vive voix les étudiants.

«Non au Panel de Karim Younès »
Les étudiants ont marqué une halte devant l’Historial du Centre culturel Larbi-Ben-M’hidi. Un espace qui a abrité, le samedi 16 août dernier, rappelons-le, les travaux de l’installation du comité des sages de l’instance dirigée par Karim Younès. Il s’agit sur place de dire haut et fort son rejet à la démarche initiée par l’ex-président de l’APN, croyant qu’un «véritable dialogue» doit être «sérieux» et prenant en compte les revendications du peuple. Les marcheurs ont par la suite continué vers la Place Emir-Abdelkader, avant de passer par la Grande Poste et le Boulevard Amirouche, jusqu’à arriver à la Place Maurice Audin.
Mohamed Amrouni