SOUMEYLOU BOUBÈYE MAÏGA

Soumeylou Boubeye Maïga aujourd’hui chez Ahmed Ouyahia : Alger reprend le fil rompu avec Bamako

Le Premier ministre de la République du Mali, Soumeylou Boubèye Maïga, effectuera une visite de travail en Algérie les 13 et 14 janvier courant, à l’invitation de son homologue algérien M. Ahmed Ouyahia, indique vendredi un communiqué des services du Premier ministre.

Cette visite, précise le communiqué, s’inscrit dans le cadre du dialogue et de la concertation existant entre les deux pays et sera l’occasion, pour le Premier ministre malien, d’examiner avec son homologue algérien la coopération bilatérale et les perspectives de sa consolidation et de son élargissement.
La récente nomination de Soumeylou Boubèye Maïga est certainement venue apaiser les soucis de l’Algérie. Depuis quelques semaines, des événements survenus au Mali n’incitaient pas à la tranquillité et retenaient toute l’attention de la communauté internationale. Le retour d’Amadou Toumani Touré et la démission, qui a fait suite, du chef du gouvernement faisait craindre le pire, au moment où le G5 Sahel se positionnait, que l’opération Barkhane est devenue de plus en plus opaque ; que l’alliance Nosrat al-Islam menace d’avaler l’Azawad dans un bâillement et que l’Arabie saoudite promet de prendre position dans le jeu de stratégies qui se dessine aux portes Sud de l’Algérie.
La désignation de Soumeylou Boubèye Maïga comme Premier ministre vient donc apaiser un peu les craintes générées par cette situation explosive depuis janvier 2013.
Maïga connait bien l’Algérie pour y avoir séjourné à plusieurs reprises étant un des parties de la préparation des Accords d’Alger ; journaliste de profession, il connait bien le jeu médiatique et les effets de l’opinion ; il a été aussi désigné ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale dans le gouvernement de Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, ministre de la Défense et des Anciens combattants, poste duquel il démissionne en mai 2014 en réaction à la défaite de l’armée malienne à Kidal, face à des groupes rebelles.
Dans un contexte sécuritaire des plus compromis, le Mali ne pouvait pas mieux choisir. Maïga est connu pour être un connaisseur de l’Azawad, des questions de sécurité et de défense. Son expertise et ses affinités avec les pays voisins les mieux avisés sur les questions de Défense devrait lui assurer une meilleure visibilité, à un moment où des zones entières du pays continuent à échapper au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques.
O.F.