Le siège de la fondation internationale Right Livelihood Award Foundation a accueilli, vendredi à Stockholm, une rencontre spéciale réunissant la présidente de la Commission sahraouie contre l’occupation marocaine et lauréate du prix 2019 de la fondation, Aminatou Haidar, avec des représentants de plusieurs organisations internationales de défense des droits humains et de la liberté d’expression.
Ont pris part à cette réunion des représentants de Amnesty International, de Reporters sans frontières, de l’organisation Article 2, ainsi que du Olof Palme International Center. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts visant à mettre en lumière la situation des droits humains au Sahara occidental occupé et à renforcer la coordination avec les instances internationales concernées. Lors de la réunion, Aminatou Haidar a présenté un exposé détaillé sur la situation humanitaire et des droits humains dans les territoires sahraouis occupés. Elle a dénoncé, selon ses propos, des violations persistantes visant les civils sahraouis, notamment des restrictions imposées aux militants et défenseurs des droits humains, ainsi que les conditions de détention des prisonniers politiques dans les prisons marocaines.
Elle a également évoqué des pratiques d’intimidation, de surveillance et de ciblage systématique des voix réclamant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
La question de l’exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental a aussi été abordée, ainsi que les conséquences économiques et sociales sur la population locale.
Aminatou Haidar a dénoncé, selon ses déclarations, une politique d’implantation de populations dans les villes occupées visant à modifier la composition démographique et à porter atteinte à l’identité nationale et culturelle sahraouie. Elle a également alerté sur les impacts sociaux de ces politiques, notamment la migration des jeunes et la diffusion de la drogue dans les zones urbaines.
La militante sahraouie a souligné l’importance d’un soutien accru au peuple sahraoui et à ses défenseurs, affirmant l’existence de tentatives internationales visant à priver ce peuple de son droit à l’autodétermination et à l’indépendance, qu’elle a qualifié de droit inaliénable. La fondation Right Livelihood se présente comme une organisation mondiale soutenant des acteurs du changement œuvrant pour la paix, la justice et la durabilité, notamment à travers son prix et son accompagnement des lauréats. Aminatou Haidar est arrivée à Stockholm dans le cadre d’une série de rencontres et d’activités destinées à sensibiliser à la cause sahraouie et à défendre les droits humains dans les territoires occupés.
Le dossier des prisonniers de Gdeim Izik
Dans un autre développement, le Dr Sidi Mohamed Amar, membre du secrétariat national et représentant du Front Polisario auprès des Nations unies et coordinateur avec la mission MINURSO, a déclaré que le camp de Gdeim Izik représente, selon lui, un symbole majeur de la résistance du peuple sahraoui. Il a rappelé que le camp de la dignité, installé en octobre 2010 à l’est de Laâyoune, constituait une forme innovante de résistance pacifique contre la présence marocaine et illustrerait, selon ses propos, l’unité du peuple sahraoui face aux tentatives d’effacement de son identité. Le diplomate sahraoui a affirmé que les décisions récentes du Comité des Nations unies contre la torture concernant les prisonniers du groupe de Gdeim Izik constituent, selon lui, une preuve supplémentaire de violations graves, évoquant des arrestations arbitraires, l’isolement cellulaire, la torture et l’utilisation d’aveux extorqués sous la contrainte.
Il a également tenu des propos accusatoires à l’égard du Maroc, le qualifiant de « hors-la-loi » et dénonçant, selon ses déclarations, des violations systématiques des droits humains dans les territoires sahraouis occupés.
Le responsable sahraoui a par ailleurs évoqué des épisodes historiques de violence et des pratiques graves imputées à la période de conflit, ainsi que des bombardements et des détentions extrajudiciaires, tout en affirmant que les autorités marocaines empêchent l’accès des observateurs internationaux et des journalistes aux territoires concernés.
Enfin, il a indiqué que certains détenus sahraouis ont mené des grèves de la faim pour protester contre leurs conditions de détention, citant notamment le cas d’un prisonnier en grève de la faim depuis mai 2026. Cet ensemble de déclarations s’inscrit dans un contexte de fortes tensions diplomatiques autour de la question du Sahara occidental et des appels récurrents à un règlement politique sous l’égide des Nations unies.
M. Seghilani












































