Pakistan

Séisme au Pakistan : 38 morts et d’importants dégâts matériels

Les secours recherchaient mercredi des survivants sous les débris de maisons détruites la veille par un séisme de magnitude 5,2 qui a fait au moins 38 morts et des centaines de blessés au Pakistan, essentiellement dans la région himalayenne du Cachemire, rapportent des médias.

Le bilan de la catastrophe continue de monter, alors que les secouristes arrivent dans des villages reculés et comptabilisent des décès qui n’avaient jusqu’alors pas été rapportés aux autorités. De fortes averses se sont abattues sur la zone dans la nuit, compliquant les déplacements des secours sur des routes devenues boueuses et rendant encore plus précaire la situation des habitants. Ces pluies pourraient se poursuivre les prochains jours. Des centaines de personnes étaient rassemblées mercredi pour des funérailles près de Mirpur, grande ville du Cachemire pakistanais, où les écoles étaient fermées. «C’était comme le jour du Jugement dernier pour nous», raconte Muhammad Azam, interrogé par l’AFP durant des obsèques. «Ceux qui nous étaient chers ne reviendront jamais.» Vingt-cinq personnes ont été tuées dans la catastrophe et 350 ont été blessées, dont 80 se trouvent dans un état critique, a déclaré le lieutenant-général Mohammad Afzal, de l’Autorité nationale de gestion des désastres. Des centaines de maisons ont été endommagées ou détruites, dont 136 complètement, a-t-il ajouté. La ministre de l’Information Firdous Ashiq Awan a fait état de 500 blessés, ajoutant que des indemnisations seraient versées aux survivants.

50.000 personnes affectées
Les victimes ont afflué dans les hôpitaux locaux, déclarés en état d’urgence. «Toute la zone a été secouée par un grand boum et un énorme mur s’est effondré sur moi. Quand j’ai repris conscience, je me suis trouvé ici dans ce lit», se souvient Ali Badshah, un écolier soigné pour une jambe cassée à l’hôpital de Mirpur. Dans le village voisin de Jatlan, fortement touché, des habitants fouillaient les gravats à la recherche d’objets leur appartenant, tandis que d’autres observaient de larges fissures dans les murs de leurs maisons. «J’ai perdu ma maison. J’ai tout perdu», se désole Abdullah Khan, un habitant de Jatlan, dont le domicile a été rasé par le séisme. «Nous n’avons même pas de tentes, nous sommes obligés de rester dehors. Toute la nourriture que nous avions a été détruite», se lamente Shamreez Akhtar, 43 ans, désignant les larges fissures constellant sa maison. Des journalistes de l’AFP ont vu des militaires transporter de nombreuses tentes destinées aux victimes du séisme. L’épicentre du tremblement de terre se situe à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville de Jhelum, à la limite entre la province du Pendjab et le Cachemire pakistanais, selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS). Le séisme s’est produit à une profondeur de 10 kilomètres. Près de Mirpur, certaines routes ont été détruites, lézardées par d’énormes crevasses, des véhicules ont été retournés, des ponts et pylônes ont été très endommagés. L’armée pakistanaise a indiqué avoir déployé ses ingénieurs pour des réparations immédiates. «Au moins 50.000 personnes ont été affectées et les infrastructures sont gravement touchées», a déclaré à l’AFP Chaudhry Rukhsar, un élu de l’assemblée du Cachemire. L’électricité et les réseaux de télécommunications ont été coupés dans certaines zones, a-t-il ajouté. Les secours ont atteint il y a peu l’un des villages les plus isolés de la zone et réalisent un état des lieux de la situation, a déclaré l’administrateur adjoint de Mirpur, Qaiser Aurangzeb.

Exposé aux séismes
Le Pakistan, situé à la frontière entre les plaques tectoniques de l’Inde et de l’Eurasie, est particulièrement exposé aux tremblements de terre. Plus de 73.000 personnes avaient péri et environ 3,5 millions d’autres s’étaient retrouvées sans abri suite à un séisme de magnitude 7,6 survenu le 8 octobre 2005 à la limite entre le Cachemire pakistanais et la province voisine de Khyber Pakhtunkhwa. Le séisme de mardi a également été nettement ressenti dans les grandes villes de Lahore et Islamabad, où de nombreux habitants sont sortis en courant dans les rues. Les secousses ont été perçues jusqu’en Inde, à New Delhi. L’agence Press Trust of India a rapporté que des gens paniqués se sont précipités hors de leurs maisons et de leurs bureaux dans plusieurs régions indiennes, notamment au Rajasthan, au Pendjab et dans l’Haryana.