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SAHARA OCCIDENTAL/ONU : Rabat rappelée à l’ordre par la nature fondamentale du conflit

Se félicitant de l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 23/51 sur le Sahara occidental, vendredi dernier, le coordinateur du Front Polisario avec la Mission des Nations unies (ONU) pour l’organisation du référendum au Sahara occidental, (Minurso) M’Hamed Khedad a affirmé, à ce propos, que c’est «un succès diplomatique pour la cause sahraouie». Rabat a échoué dans sa manoeuvre, à travers le rôle joué par la France, au conseil de Sécurité, qui s’est heurté au mur du refus des autres membres dudit conseil à s’y inscrire. Refusant, en effet de condamner le Front Polisario, comme le souhaitaient Paris et l’occupant marocain, sur sa présence à El-Guerguerat, région libérée des territoires sahraouis, le Conseil de sécurité n’ a pas perdu de vue que la présence des élèments de l’Armée de libération sahraouie, dans cette région a été dictée par la légitime défense, après la violation flagrante, le 11 Août dernier, par le Maroc de l’Accord de cessez-le-feu et de la convention militaire numéro 1, conclu en 1991. Le Conseil de sécurité et l’institution onusienne appellent, au «strict respect» dudit accord, comme l’a souligné le coordinateur du Front Polisario avec la Minurso, M’hamed Khedad, animant une conférence de presse, hier, à Alger, au siège de la représentation diplomatique de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Il est à rappeler que la situation s’est envenimée à El- Guerguerat, région des territoires libérés du Sahara occidental, située à la frontière avec la Mauritanie, lorsque le Maroc a voulu imposer la construction d’une route, en opérant un mouvement de ses troupes, de ses positions initiales, fixées, lors de l’Accord du cessez-le-feu précité, lequel chemin devait traverser les territoires sous contrôle du Front Polisario, selon l’accord en question. Dans sa lettre adressée à l’ONU, avant l’adoption de la dite résolution par le Conseil de sécurité, le Front Polisario prend bonne note, écrit-il «de la disponibilité des Nations unies d’assurer une présence permanente de la Minurso dans cette zone (El(Guerguerat :ndlr)». La résolution du Conseil de sécurité réaffirme que les accords militaires conclus avec la mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), concernant le cessez-le-feu «doivent être pleinement respectés » et appelle à la relance des négociations sous l’égide de l’ONU, entre le Front Polisario et le Maroc, «sans conditions préalables». Alors que le Maroc est ses soutiens dans son occupation, depuis 1975, du Sahara occidental, persistent à manoeuvrer pour dévier le conflit de sa nature fondamentale, une question de décolonisation, selon les textes juridiques et politiques de l’ONU et de l’Union africaine (UA), la résolution 23/51, est venue, rappeler, encore une fois, l’incontournable droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination. Appelant à la reprise des négociations, le Conseil de sécurité a souligné, que celles-ci doivent parvenir à «une solution juste, et durable qui aboutit à l’autodétermination » du peuple sahraoui. À notre question de savoir, qu’en est-il au juste de l’appel du Conseil de sécurité, dans sa résolution de la relance des négociations, dans «une nouvelle dynamique et un nouvel esprit», le coordinateur du Front Polisario avec la Minurso a été affirmatif. Pour le responsable sahraoui, cette nouvelle dynamique et nouvel esprit, doivent, a-t-il précisé «conforter la légalité internationale et le droit international» en matière de règlement d’une question de décolonisation inscrite à l’ONU. Alors que le non-parachèvement du processus de décolonisation, à ce jour, trouve ses origines, dans le refus de Rabat de se conformer à la légalité internationale, mais aussi au rôle joué par la France au sein du Conseil de sécurité, bloquant l’application dans les plus brefs délais du droit international, Paris s’oppose à toute surveillance par la Minurso, des droits de l’homme au Sahara occidental, ce qui conforte le système colonial marocain dans ses violations des droits des sahraouis des territoires occupés du Sahara occidental. Des violations qui n’ont pas tardé à sortir au grand jour, sur la scène de l’Union européenne,(UE), dont sa Cour de justice (CJUE) s’est prononcée sur l’illégalité de l’accord UE-Maroc, en violation des droits de l’homme du peuple du Sahara occidental, lequel territoire est soumis à un processus de décolonisation et donc l’exploitation de ses richesses naturelles est en opposition avec le droit international et européen. La relance du processus des négociations sous l’egide de l’ONU, entre le Front Polisario et le Maroc, verra aussi son suivi par l’Union Africaine, qui suit de très près ce qui a trait à un territoire africain encore colonisé, le Sahara occidental, outre le rôle «important» de l’UA, partenaire de l’ONU, et concerné directement, comme l’a indiqué , M’Hamed Khedad, « de la dernière question de décolonisation en Afrique». Ne manquant pas de revenir, sur l’adhésion du Maroc à l’UA, qui selon le conférencier vise à «semer la zizanie» dans les rapports inter-africains et de porter atteinte, a-t-il averti «aux progrès» enregistrés, à divers niveaux, «mais en vain» a indiqué, le diplomate sahraoui, M’hamed Khedad. Karima Bennour