sahara-une

Sahara occidental-ONU : Nouvelle résolution pour la relance de la négociation F. Polisario-Maroc

Après d’intenses tractations et le geste de bonne volonté du F. Polisario, redéployant ses troupes à Elguerguerat, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité la résolution 23 51 (2017) prorogeant au 30 avril 2018 le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso).
Le Conseil de sécurité s’est engagé aussi, aux termes de cette résolution, à la relance du processus onusien, bloqué par le Maroc depuis 2012. Ainsi, il a affirmé son plein appui aux efforts du Secrétaire général et à son envoyé personnel pour qu’une solution politique soit trouvée à la question du Sahara Occidental. La résolution du Conseil de sécurité, adoptée après plusieurs jours de tractations serrées, souligne que la relance des négociations avec « une nouvelle dynamique doit déboucher sur la reprise du processus politique pour parvenir à une solution politique qui soit mutuellement acceptable et qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la charte des Nations Unies « .
Le Conseil de sécurité a demandé, aux deux parties du conflit, de reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général de l’ONU, sans conditions préalables et de bonne foi en tenant compte de l’action menée depuis 2006.Le Secrétaire général est tenu, à ce propos, de faire au moins deux exposés par an au Conseil de sécurité sur l’état d’avancement des négociations et des difficultés auxquelles se heurtent les opérations de la Minurso. Soulignant la nécessité d’avancer sur la voie d’une solution politique, le Conseil de sécurité a enjoint au Secrétaire général de le tenir informé dans les six mois, à compter de la désignation du nouvel envoyé personnel, de l’avancement des négociations. Intervenant après le vote de la résolution, la représentante de la délégation américaine, Mme Michele Sison, a relevé que le report de l’adoption de ce texte a été « essentiel pour permettre à l’ONU et à la Minurso de refermer le chapitre de l’année dernière au Sahara Occidental ». » Le Conseil de sécurité doit porter son attention là où elle doit être; à savoir soutenir un règlement politique  » a-t-elle dit. La résolution fixe, selon Mme Sison, de  » nouvelles normes  » pour la Minurso, qui doit pouvoir recruter des personnels dotés de compétences adéquates, a-t-elle dit.  » Nous ne nous laissons pas divertir de notre objectif qui est de permettre au peuple du Sahara occidental d’organiser un référendum sur le statut futur de ce territoire », a ajouté la représentante américaine. Le représentant de l’Uruguay, M. Elbio Rosselli, a appelé de ses voeux à une reprise des négociations  » dans un nouvel esprit « , alors que celui de la Suède, Carl Skau, a estimé que la reprise du processus politique est devenue indispensable, notant que le texte adopté encourage le nouvel envoyé spécial du Secrétaire général à revitaliser les efforts en vue de parvenir à une solution politique.
De son côté le représentant de l’Ethiopie, M. Tedeka Alemu, a insisté sur l’importance du retour de la composante civile de la Minurso, saluant l’évolution de la situation dans la zone tampon de Guergarat. Selon lui, les conditions requises pour la reprise des négociations sont réunies. Il est impératif que le Conseil de sécurité « comprenne bien la situation générale « , a-t-il dit. Petr Iliichev, le représentant de la Russie a indiqué qu’il faut s’orienter vers la reprise des pourparlers directs entre le Front Polisario et le Maroc, considérant que seul un règlement politique sera durable. Il a estimé que le nouvel envoyé spécial devra redoubler d’efforts pour parvenir à la reprise des négociations. Antonio Guterrez devrait proposer au Conseil de Sécurité la nomination de l’ancien président allemand Horst Kobler, comme son représentant spécial pour le Sahara Occidental.
Mokhtar Bendib