Abdelhafid Boussouf

Révolution algérienne : Le rôle moteur et la vision stratégique de Abdelhafid Boussouf

Le rôle moteur et la vison stratégique de Abdelhafid Boussouf dans la direction de la Guerre de libération nationale (1954-1962) ont été soulignés à Alger par le président de l’Association des Anciens du ministère de l’Armement et des Liaisons générales (MALG), Daho Ould-Kablia.

«Abdelhafid Boussouf était incontournable en matière de direction de la révolution algérienne dont il assurait 80% des missions liées aux transmissions, aux renseignements et contre-renseignements, etc.», a assuré Ould-Kablia, au forum d’El-Moudjahid, consacré à cette figure de la Guerre de libération nationale, décédée le 31 décembre 1980. L’intervenant a fait savoir qu’en cinq ans de direction, le Colonel Boussouf (alias Si Mabrouk) a réussi à former 850 agents de transmissions, 700 autres en renseignements et contre-renseignements et à recevoir quelques 26 000 tonnes d’armements. Ce chef historique de la wilaya V (Oranie), a également assuré les missions des télécommunications, transports… etc, alors que la révolution algérienne lui doit la mise en place d’une stratégie sécuritaire au service de cette dernière, à travers, entre autres, l’ouverture d’un centre de réception, d’entrainement et de formation des volontaires ainsi que de camps de soins des blessés. «À son actif aussi la sortie des premières promotions d’agents opérateurs radio et de ceux destinés au premier centre d’écoute de l’ennemi, grâce auquel des informations capitales ont été exploitées», a ajouté Ould-Kablia, précisant qu’Abdelhafid Boussouf a continué à assumer toutes ces missions au sein du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). «Il était réputé pour ses compétences si bien qu’il appréhendait l’Armée de Libération nationale (ALN) comme une armée moderne», a ajouté le président de l’Association des Anciens du MALG, relevant, en outre, «les dons de visionnaire, d’observateur, d’infatigable et d’organisateur que fût ce dirigeant historique». Sur le plan politique, «l’apport du Colonel Boussouf a été déterminant au sein de l’Organisation des Nation-unies où était débattue la question algérienne sur la base des éléments fournis par ce dernier», a poursuivi Ould-Kablia, ajoutant qu’il en a été de même lors des Pourparlers d’Evian, où il avait présenté les dossiers économiques (pétroliers notamment). Né en 1926 à Mila, Abdelhafid Boussouf est militant au sein du Parti du peuple algérien (PPA) lorsqu’il y fait la connaissance, entre autres, de Mohamed Boudiaf, Larbi Ben M’hidi et Lakhdar Bentobal. Il fut l’un des membres les plus éminents de l’Organisation spéciale (OS), du Mouvement pour le Triomphe des Libertés démocratiques (MTLD) et du Comité révolutionnaire d’Unité et d’Action (CRUA). Il a assisté à l’historique réunion des 22 et, avant le déclenchement de la Révolution, il a été nommé en avril 1954, adjoint de Ben M’hidi dans la wilaya V, chargé de la région de Tlemcen. À Mila, sa ville natale, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a affirmé que le parcours héroïque du colonel Abdelhafid Boussouf était jalonné «de sacrifices et d’actes de bravoure». S’exprimant à l’occasion du 37e anniversaire de la mort du moudjahid Si Mabrouk, qui fut membre du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), le ministre des moudjahidine a évoqué le message qu’avait précédemment lancé le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à l’endroit de ce héros et symbole de la Révolution, rappelant que «Si Mabrouk constitua le cerveau des premières cellules des liaisons générales et d’armement». Zitouni a ajouté que Boussouf «n’avait pas son pareil pour protéger et moderniser la Révolution en lui conférant les mécanismes d’une guerre moderne». Assistant à une conférence historique, organisée par le Centre d’études et de recherche sur le mouvement national et la Révolution du 1er novembre 1954 au musée du moudjahid, Slimane Bentobal de Mila sous le titre «Boussouf, trajectoire d’un leader au service de la Révolution politiquement et militairement», le ministre des Moudjahidine a affirmé que le but d’une telle commémoration était d’inculquer aux générations montantes les valeurs de ces hommes et de ces femmes qui, de par leurs sacrifices, ont marqué d’une pierre blanche l’histoire de l’Algérie». Il a, à cette occasion, souligné l’importance qu’accorde son ministère à la sauvegarde des lieux historiques et culturels afin de préserver, a-t-il dit, la mémoire de la guerre de libération et la transmettre aux générations futures à travers la célébration de journées et de fêtes nationales en hommage aux symboles de la Révolution et la mise en lumière de la lutte du peuple algérien. Cette conférence a donné lieu à plusieurs interventions parmi lesquelles celle du moudjahid Mohamed Debah qui a souligné le rôle essentiel de Boussouf dans la création de la radio secrète «La Voix de l’Algérie libre et combattante», mais également et dans le domaine de l’armement et des liaisons générales, le cryptage et l’écoute de l’ennemi et l’organisation du service de contre-espionnage. De son côté, Youcef Kacemi, de l’université de Guelma, a indiqué que «Boussouf a veillé à la sécurité de la Révolution et a préféré se retirer de la vie politique au lendemain de l’indépendance afin de préserver les intérêts de la Patrie».
M. B.