Révision de la loi sur les hydrocarbures : Les mises en garde de Hanoune

La patronne du parti travailliste a accueilli avec méfiance et promet même de revenir à la charge au lendemain de la relance du débat sur la révision de la loi sur les hydrocarbures. Dimanche dernier, en effet, le ministre de l’Énergie, Mustapha Guitouni, a annoncé depuis Oran, qu’une partie de la mouture du texte en amendement sera connue au mois de juin prochain. Avant lui, le Premier ministre a jugé que la loi actuelle devient obsolète comme argument justifiant une révision qui prévoit l’introduction de facilités incitatives à l’investissement étranger dans le secteur de l’Énergie. «Le gouvernement veut attirer plus d’investissements en parlant de flexibilité des lois. C’est-à-dire, annuler les taxes et offrir des concessions aux multinationales. Ce qui sous-entend également un recul des revenus des activités sur les hydrocarbures pour la Trésorerie publique», a relevé Louisa Hanoune, hier, dans une conférence de presse tenue au siège de son parti. Une démarche du gouvernement qui n’est pas du goût du PT, pour qui, à travers cette nouvelle loi, « les responsables en font des illusions en croyant que les investissements seraient plus forts. Ce serait naïf de croire que concéder des concessions aux multinationales aura un impact positif et générera plus de gains. Car, la crise économique que traverse le système capitaliste rend les multinationales plus féroces dans leur volonté de s’emparer des ressources des pays du tiers monde», a prévenu Hanoune. Cela étant, et comme à son habitude, le PT promet de peser de tout son poids pour faire barrage devant l’adoption de ce nouveau texte à l’APN. «Nous ne resterons pas les bras croisés. Nous en serons là et le peuple sera là pour résister», prévient la patronne du P.T.

«Le Président Bouteflika a vu juste»
D’ailleurs, abordant le dernier message du président de la République, Hanoune dit : «Les lectures du Président à propos des dangers extérieurs sur le pays et son économie contre les appétits voraces des multinationales sur les pays faibles sont justes. Mais l’État, et par conséquent le gouvernement, porte la responsabilité de renforcer l’immunité du pays et protéger la cohésion sociale», a suggéré la première responsable du PT. Pour ce faire, Hanoune propose le changement de la nature des relations entre les responsables de l’État et le monde des affaires. Sur un autre volet, elle renvoie encore au récent message du chef de l’État qui a appelé à la préservation du tissu social pour appeler le gouvernement à agir, et que ce message ne doit pas «rester un slogan creux». Ainsi, Hanoune propose de rectifier le tir à travers la révision de la loi de Finances 2018, la lutte contre l’accaparement de l’argent public et veiller au service de la majorité et non pas «de la minorité richissime, qui menace l’unité et la continuité de la République». Poursuivant dans le même ordre d’idée, Hanoune revient sur la dernière pénurie de lait qui a sévi dans plusieurs régions du pays pendant une semaine. «La crise de la pénurie du lait en sachet subventionné menace la sécurité nationale», prévient-elle, allusion au mécontentement de la rue qu’une telle pénurie sur un produit vital pourrait générer et ses conséquences sur la stabilité du pays. Derrière ça, Hanoune pointe du doigt «les pratiques commerciales douteuses et le gonflement des factures à l’importation». Dans le même sens, elle estime que la nouvelle loi sur la protection du consommateur «est sans efficacité», car «la vraie solution est dans le rétablissement de l’autorité de l’État ».
Hamid Mecheri