Douibi-Djaballah

Revers électoral du triumvirat islamiste : La contestation reprend ses droits

Après le Parti des travailleurs (PT) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) qui ont dénoncé, avec vigueur, les résultats des élections législatives, c’est au tour des trois partis de l’Alliance islamiste, EnNahda-El-Adala-El-Binaa, de crier à la fraude, et d’exprimer leur «insatisfaction» des résultats du scrutin.

Comme l’on pouvait s’y attendre, les partis qui n’ont pas réussi de glaner plus de sièges, lors de ces élections, contestent les résultats du scrutin et accusent l’Administration de trucage des résultats des élections législatives en faveur de certains autres partis politiques. Dans un communiqué rendu public, hier, l’Alliance islamiste a fustigé l’Administration qui, selon elle, «est seule responsable» de l’abstention citoyenne. Pour elle, «les résultats des élections législatives n’ont pas été à la hauteur des aspirations de la société», pouvait-on lire dans le communiqué. Néanmoins, pour ce triumvirat islamiste, cette abstention massive enregistrée, lors du dernier scrutin, reflète l’image réelle d’une «administration incapable d’organiser des élections transparentes, faute d’une réelle volonté politique, et son refus d’impliquer les partis politiques dans l’organisation des élections et la mise en place des mécanismes juridiques permettant d’assurer la transparence, et de garantir la crédibilité du scrutin, à renforcer le sentiment de l’exclusion», a-t-on expliqué.
Résultats des courses, l’apparition d’un nouveau parti majoritaire «les abstentionnistes forts de ces 15 millions d’adhérents», a noté le trio islamiste. Pour ces partis en question, il est urgent et il est temps d’engager des réflexions pour tenter des solutions à la crise de la représentation politique, et discuter la mise en place des mécanismes et moyens adéquats pour convaincre le citoyen de la possibilité du changement par la voie de l’urne. Pour rappel, les trois partis composant l’Alliance islamiste ont tablé sur une forte représentation au prochain Parlement. Or, à l’issue du scrutin, ils n’ont finalement glané que 15 sièges après la proclamation des résultats des élections législatives, vendredi dernier. Pour expliquer l’échec électoral, ces derniers tentant tant bien que mal de marquer un détour, à tel point de revoir à la baisse l’ambition électoraliste. Pour ce faire, ils rappellent à qui veut bien les entendre que leur coalition, dite pourtant «stratégique» entre trois partis de la mouvance islamiste, a pour objectif de constituer un front uni pour défendre un projet politique commun. Comme quoi, et dès le départ, l’objectif dit «politique» s’avère finalement qu’une intention de pure connotation électorale. Pour eux, la participation aux élections législatives avec des listes communes n’est qu’un prélude pour une alliance stratégique à long terme. Ils appellent leurs adhérents à renforcer les rangs de la coalition pour la concrétisation de leur projet sur le terrain. «Ce rendez-vous électoral est une étape importante. Elle renforce la conviction des partis islamistes d’œuvrer, et fournir plus d’efforts pour le renforcement de cette alliance stratégique en vue de s’imposer sur le terrain comme une force non négligeable, et ce ne serait qu’avec le rassemblement de tous les partis politiques de la mouvance islamiste», ont-ils appelé.
Abdellah Bourim