Sommet de la Ligue arabe

Réunion d’ »urgence » de la Ligue Arabe : Ryadh a inscrit à l’ordre du jour ses tensions avec Téhéran

Les chefs de la diplomatie des pays arabes sont convoqués à une réunion de la Ligue arabe, dimanche prochain, au Caire (égypte). C’est en réponse à la requête de l’Arabie saoudite, adressée à l’organisation arabe, lui demandant de convoquer «en urgence» cette rencontre. Celle-ci se penchera sur un ordre du jour fixé par Ryadh, portant sur les tensions marquant ses relations avec l’Iran.

Alors que la scène arabe bouillonne sur des problèmes complexes engageant l’avenir de cette région, au regard des tensions, des crises, de la guerre et de conflits plongeant des pays dans des situations chaotiques outre l’absence du rôle effective de la Ligue arabe, au profit de la question palestinienne, avec l’intensification de la politique de l’extension des colonies israéliennes sur les terres palestiniennes, La Ligue arabe se réunira dimanche prochain, pour l’examen des tensions marquant les relations de Ryadh avec Téhéran, alors qu’auparavant, juin dernier, dans son conflit avec le Qatar, rejoint par ses partenaires du Conseil de coopération des pays du Golf et également l’égypte , l’Arabie saoudite a traité cette question dans le cadre du dit Conseil. Une semaine après la démission du premier ministre Saad Hariri, annoncée, à partir de Ryadh, via une chaîne satellitaire saoudienne, suscitant une multitude de questions, principalement de la part des citoyens, des personnalités et des responsables libanais, notamment sur les raisons de ce qu’il ont qualifié de démission «surprise et incompréhensive », une semaine, jour pour jour, Ryadh annonce avoir demandé à la Ligue arabe de «convoquer une réunion en urgence», laquelle réunion se tiendra le dimanche prochain, au Caire. Alors que le pays du Cèdre n’ a jamais cessé d’être dans le collimateur de l’entité sioniste, laquelle continue de violer, l’espace aérien libanais, sans se soucier du droit international, ni des résolutions du Conseil de sécurité; celles adoptées, notamment en 2006, Ryadh pointe du doigt, une des composantes, du peuple libanais, de sa classe politique et qui est représentée notamment au sein des institutions, le parlement et l’exécutif du pays du Cèdre, le Hizbollah, en l’occurrence.
Absente sur les plans régional et international dans le traitement des questions secouant la scène arabe, notamment depuis l’avènement « du printemps arabe », qu’il s’agisse du traitement de la crise syrienne, libyenne ou yéménite, et la question de savoir que cherche à promouvoir et à lancer Ryadh, lors de la réunion, à sa demande, de la Ligue arabe dimanche prochain. Est-ce une
tribune ? Une couverture ? en prévision de ce qu’elle compte entreprendre sur fond de ses tensions avec l’Iran, alors qu’il y a trois ans de cela, avant que Ryadh ne se lance dans sa guerre contre le Yémen, pays membre de l’organisation arabe, l’Arabie saoudite n’a pas pris la peine de convoquer une réunion de la Ligue arabe, pour en débattre sur sa décision de former une coalition militaire pour déclencher, en 2014, sa guerre contre le peuple yéménite. Après la montée, d’un cran, des tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran , sur la scène libanaise, avec l’épisode de la démission «surprise» de Saad Hariri, proche de Ryadh, fait craindre notamment pour le Liban, en premier lieu, qui, s’il venait à plonger dans une situation de crise ou de conflits, le premier bénéficiaire de toute instabilité dans ce pays , c’est l’entité sioniste, qui est dans l’incapacité de mener des offensives militaires contre ce pays, après s’être confronté, en 2006 aux capacités de combat de la résistance libanaise.
La réunion prochaine de la Ligue arabe, à la demande de l’Arabie saoudite pour l’examen d’un ordre du jour bien défini, par Ryadh, verra sans nul doute des prises de positions de pays, à l’instar de celles ayant marqué les réunions de la Ligue arabe, durant les bouleversements générés par «le printemps arabe» sauf que cette fois- ci, elles seront ponctuées, par les nouvelles donnes, survenues, depuis notamment la défaite des groupes terroristes, dont ceux de Daech ,en Irak comme en Syrie, ainsi que la portée et la teneur des nouveaux rapports rythmant les relations internationales.
Par ailleurs, autre acteur bénéficiant de tout développement dangereux, des tensions entre l’Iran et Ryadh, c’est bien Washington qui bute sur son impossibilité d’apporter des modifications, mêmes infimes, comme voulu par Trump, à l’Accord sur le nucléaire iranien conclut par les 5+1 et Téhéran outre qu’elle gagnerait en finances, par ses ventes en armes et moyens militaires, à Ryadh, si l’Arabie saoudite venait à s’attaquer à l’Iran, qui a appelé Ryadh à «ne pas jouer avec le feu», en réponse au prince héritier Mohammed ben Salmane accusant Téhéran d’«agression militaire directe » contre son pays, après le tir d’un missile, par les yéménites, le 4 du mois courant et qui a été intercepté par les saoudiens , près de Ryadh.
Karima Bennour