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Réunion du comité technique Opep et non-Opep à Abu Dhabi : Jauger le niveau de respect des engagements

Les quotas de réduction de la production de l’or noir font l’objet, depuis hier à Abu Dhabi, d’une réunion de deux jours, des membres du Comité technique conjoint (JTC) de l’Opep et des pays hors du cartel.
À l’ordre du jour, estimer le niveau de collaboration et d’engagement des signataires quant au respect de l’Accord pétrolier, en vigueur depuis janvier 2017.
Cette réunion qui intervient dans un contexte particulier marqué, notamment, par les cours du pétrole qui ont terminé en hausse, vendredi dernier, après une semaine de très légère baisse, en réaction au recul des stocks aux États-Unis, et en prévision de la rencontre de deux jours, entamée hier, à Abu Dhabi. À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a terminé, vendredi, en effet, à 52,42 USD sur l’Intercontinental Exchange (ICE), soit en progression de 41 cents par rapport à jeudi et après que le Brent pour livraison, en septembre sur le ICE Futures Exchange de London ait abandonné 68 cents pour se fixer à 51,74 $ le baril. La tendance du maintien de l’Accord de limitation de la production pétrolière par les signataires dudit Accord se maintient fortement au sein de l’Opep et non membres du cartel inscrits dans cette dynamique de réduction de la production pétrolière, et les efforts de ces derniers visent le respect des quotas de production fixés pour chaque pays après la signature, par ces derniers, de l’Accord. La réunion qui intervient après la déclaration de colère du ministre saoudien de l’Énergie sur le non-respect des signataires de leur engagement sur la limitation de la production de l’or noir, visant à stabiliser le marché pétrolier, lequel est rythmé par une surabondance de l’offre par rapport à la demande. Le ministre saoudien de l’Énergie, Khalid Al-Falih, avait critiqué, le 24 juillet dernier, les membres de l’Opep n’ayant pas respecté leurs engagements, suite à quoi, le Koweït et les Émirats arabes unis ont fait savoir qu’ils feront de leur mieux pour atteindre les quotas qui leur ont été fixés respectivement. Autre question qui ne manquera, sans nul doute, pas d’être abordée par les participants, celle de la production pétrolière de la Libye et du Nigeria, pays exemptés de cet Accord, pour des raisons objectives, la situation sécuritaire dans ces deux pays. Alors que le Nigeria enregistre une production de 1,6 million de barils/jour, ce pays et la Libye ont augmenté récemment leur production respective de l’or noir, avec un rythme plus rapide que prévu, provoquant des inquiétudes au sein de l’Opep et ses partenaires signataires de l’Accord. La production pétrolière de l’Opep a augmenté de plus de 300 000 barils par jour (b/j) en juin, en raison de la hausse de la production du Nigeria et de la Libye, deux pays exemptés de l’Accord de réduction de la production en vigueur jusqu’en mars 2018, selon les données utilisées par l’Opep, pour surveiller ses stocks. Avec le Nigeria et la Libye, deux pays exemptés de cet Accord, la production des 13 membres de l’Opep en juin a atteint environ 32,47 millions de b/j, selon l’estimation moyenne des sources secondaires sur lesquelles s’appuie aussi l’Opep pour surveiller sa production. Par ailleurs, la production de l’or noir des 11 membres de l’Opep tenus de respecter l’Accord de réduction a été en moyenne de 29,840 millions de b/j, en juin dernier, ce qui signifie que le taux de conformité, en juin, a été de 97%, selon un calcul de l’Opep. Autre donne qui ne sera pas sans impact sur le marché pétrolier en général, et sur les signataires dudit Accord, les effets d’éventuelles sanctions des États-Unis sur fond de la crise que vit le Venezuela, pays ne figurant pas dans l’orbite des alliés de Washington. Le cartel pétrolier s’est engagé à limiter sa production jusqu’en mars 2018, date de la prorogation décidée, mai dernier, de leur Accord, qui est en vigueur depuis janvier dernier, qui a permis, à ce jour, outre d’arrêter la chute du prix du Baril de l’or noir, de le maintenir entre les 48 et 50 dollars, après avoir connu un très bas prix ne dépassant pas les 30 dollars.
La réunion du Comité technique conjointe des pays Opep et non-Opep est co-présidée, depuis le début de ses travaux, par le Koweït et la Russie, en présence de représentants du royaume d’Arabie saoudite, pays assurant la présidence de l’Opep, pour l’année en cours, alors que d’autres membres ne participent pas à la réunion d’Abu Dhabi, après avoir «déléguer aux co-présidents la responsabilité de la conduite des travaux et de faire le rapport» au JTC au Comité ministériel conjoint de suivi des pays de l’Opep et des pays non Opep (JMMC)», selon l’Opep.
Karima Bennour