Makri Soltani

Réunion demain du conseil consultatif du MSP : Makri et Soltani, l’ultime bataille

Le conseil consultatif du Mouvement de la société pour la paix se réunira demain, pour trancher l’offre du Premier ministre Abdelmalek Sellal d’intégrer son nouveau gouvernement, et de la soumettre au vote de ses membres.
Abderrazak Makri et son prédécesseur à la tête du MSP, Aboujerra Soltani, se livrent donc l’ultime bataille et mènent une campagne à l’intérieur du parti, où chacun de son côté, tente à convaincre la majorité des membres du Conseil consultatif à adopter sa vision. Une bataille qui s’est même invitée dans les colonnes de la presse et les réseaux sociaux, en suscitant un débat houleux parmi des militants de la mouvance islamiste. En effet, quelque soit la décision prise et devant être approuvée par le conseil des vieux du parti, elle pèsera lourdement sur la nouvelle carte politique nationale qui se dessine à l’horizon. Si le Conseil consultatif déclare son allégeance au pouvoir, le camp de l’opposition sera amputé de l’un de ses membres vitaux, en raison du poids du MSP sur la scène politique, et ce, pour son rôle dans la mobilisation des forces de l’opposition, après l’arrivée d’Abderrazak Makri à la tête de la plus adoubée des formations islamistes en Algérie. Une nouvelle stratégie qui lui a permis de consolider ses soutiens au niveau de la base militante du parti, lasse de jouer un rôle de façade et s’oppose au retour du MSP au bercail, qui conteste toute voix réclamant l’idée de voir un «MSP au pouvoir». L’initiateur de cette pensée n’est autre que l’ancien leader de l’alliance présidentielle qui, semble-t-il, regrette le basculement du parti dans le camp de l’opposition.
Pour Abderrezak Makri, le parti s’est imposé, comme une force non négligeable, sur l’échiquier politique national. Une position qui dérange certaines parties qui refusent de voir le MSP en dehors du pouvoir. Le gouvernement, selon lui, « cherche à tout prix la récupération de son ancien allié », mais ce dernier refuse toute allégeance et évite tout rapprochement avec le gouvernement. L’offre faire par Abdelmalek Sellal est beaucoup plus « tactique que politique », juge l’actuel président du parti, pour qui, « le gouvernement veut la participation du MSP à l’Exécutif national seulement pour l’impliquer dans la gestion de la période de crise et de bénéficier de sa représentativité sur le terrain pour calmer les esprits en cas d’une explosion sociale dont tous les ingrédients sont réunis».
Pour Makri les partis traditionnels sont au bout du précipice et il n’est pas question de «jouer le rôle du sapeur-pompier». Ainsi, à la veille de la réunion du Conseil consultatif du parti, une opposition farouche s’est constituée contre l’option présentée par Aboujerra Soltani, portant sur l’intégration du gouvernement. Ce dernier, semble-t-il, a fait machine arrière suite aux «charges et l’arsenal d’invectives» qu’il a reçus après l’exposition de son idée, de la part de la base militante du parti fondé par feu Mahfoudh Nahnah. Devant cette opposition frontale à son égard, Aboujerra Soltani a appelé à «faire prévaloir la sagesse et la préservation de la stabilité du parti».
Enfin, le débat s’échauffe et les discussions ont pris une nouvelle tournure qui a divisé le parti en deux blocs, entre ceux qui se sont rangés du côté de Soltani donc, et les partisans parmi les plus fidèles à Makri qui contestent tout retour du parti dans le giron du pouvoir. La décision du Conseil consultatif est très attendue par le gouvernement et l’opposition, pour qui, ce soir, représente la nuit du doute pour ainsi dire.
Abdellah Bourim