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Résultats des élections législatives : Le calibrage du Conseil constitutionnel

Un communiqué du Conseil constitutionnel, rendu public, lundi soir, a apporté plus de précisions sur le nombre de voix d’électeurs qui ont participé au scrutin avec plus de détaills. Selon le document en question, le nombre de voix exprimées, n’a pas dépassé les 8 225 223, alors que le taux de participation est établi à 35,37%, dont 1 757 043 bulletins nuls, contre 6 468 180 des suffrages exprimés lors du scrutin du 4 mai dernier. Pour mettre un terme à ce qui s’apparente à une polémique «vaine», soulevée par certains partis politiques au lendemain de la proclamation des résultats du scrutin, par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, le Conseil constitutionnel a invité ces derniers à introduire leurs recours auprès de cette institution avant la date du 10 mai prochain. «Tout candidat ou parti politique participant aux élections législatives a le droit de contester la régularité des opérations de vote en introduisant un recours par simple requête déposée au greffe du Conseil constitutionnel dans les 48 heures suivant la proclamation des présents résultats», peut-on lire dans le communiqué. Pour rappel, depuis l’annonce des résultats préliminaires de ce scrutin, le bruit de la fraude résonne presque dans tous les coins du pays, suivi d’un débat houleux au sein de la société. Le leader du parti MSP, Abderrezak Makri, ouvre le bal de la contestation des résultats du scrutin et affirme, lors d’une conférence de presse, qu’il détient des preuves sur le trucage des résultats et le bourrage des urnes. Mais, sans présenter des preuves tangibles accablant le FLN (Front de libération nationale), suivi par les autres partis qui n’ont pas réussi à glaner le nombre de sièges espérés, comme c’est bien le cas du Parti des travailleurs (PT) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). En revanche, la délibération relative aux résultats des élections législatives par le Conseil constitutionnel, a réconforté la position du Rassemblement national démocratique (RND), avec trois autres sièges à son actif, au sein de la Chambre basse de l’Assemblée nationale. Tout compte fait, le parti d’Ahmed Ouyahia porte le nombre de ces députés à 100 au lieu de 97, comme annoncé par le ministre de l’Intérieur, vendredi dernier. Par ailleurs, certaines figures, parmi les nouveaux députés indépendants, assurent être disposées à travailler avec le Front de libération nationale, et d’autres commencent déjà à envisager d’éventuelles alliances pour s’imposer sur le terrain et peser de leur poids au sein de l’Assemblée, à l’image des partis du courant islamiste. Enfin, il convient de souligner que la nouvelle législature est appelée à se pencher sur un agenda pas peu-chargé. Entre autres, elle aura sur la table la révision du Code du travail, dont le nouveau projet de loi est l’un des plus controversés, mais aussi la loi de Finances- 2018, dont les retombées ne seront pas passées sans conséquences sur le niveau de vie des citoyens et leur pouvoir d’achat. Cependant, une question se pose et s’impose : les nouveaux membres de l’Assemblée nationale populaire, vont-ils respecter leur engagements envers leurs électeurs ? L’interrogation est d’autant plus grande que les expériences passées n’ont pas été réjouissantes.

Abdellah Bourim