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Report du procès des détenus politiques sahraouis de Gdeim Izik : La justice coloniale marocaine ne veut pas de témoins

Un énième report du procès des détenus politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik, renvoyé par la justice des autorités coloniales marocaines au 11 juillet prochain.

Pointée du doigt par des avocats, juristes et des ONG régionales et internationales, en charge des questions des Droits de l’Homme, d’avoir mené un procès «inique » contre ces 24 prisonniers sahraouis, la justice de Rabat manœuvre en décidant le report de l’affaire, qu’elle veut traiter sans la présence de témoins. Les avocates des prisonniers sahraouis du groupe Gdeim Izik ont dénoncé, à partir de la capitale française, la justice marocaine, affirmant qu’ «instrumentalisée» par le système politique colonial marocain au Sahara occidental, la justice est la voie par laquelle Rabat règle des «comptes politiques» après six mois d’audience en «l’absence de preuves» est-il précisé. Pour des militants d’Ongs régionales et internationales en charge des Droits de l’Homme, le Maroc persiste dans ses reports du dit procès, dans le sillage de sa politique d’interdiction et d’expulsion d’avocats, journalistes, juristes, observateurs et proches des détenus à assister aux audiences. La justice marocaine prémédite le report du procès des détenus politiques sahraouis, dans le but de voir le nombre des observateurs internationaux se réduire davantage, après avoir été, auparavant estimé à des dizaines. Misant en effet sur les aléas des déplacements de ces derniers, en plus des frais des voyages, ces reports récurrents les empêchent d’assister à toutes les audiences. Des contraintes qui ont vu certains de ne pas pouvoir assister à l’ensemble des audiences en plus d’autres qui ont été sommé de rebrousser chemin, dès leur arrivée au Maroc, comme ce fut le cas, pour la citoyenne française, Claude Mangin, épouse du détenu politique sahraoui, Asfari Naâma. Le 13 mars dernier, les autorités marocaines ont une nouvelle fois interdit, en effet, l’entrée au Maroc, à la femme d’Asfari, lequel avec les autres détenus du Groupe Gdeim Izik déjà au départ en détention arbitraire sont jugés par la Cour d’appel de Rabat, par un procès inique et entaché d’irrégularités, Asfari et privé du soutien de son épouse. La justice du système colonial marocain vient de décider pour la énième fois, du report du dit procès, lequel affirment les avocats et des Ongs régionales et internationales est marqué notamment « par la prise en compte d’aveux arrachés sous la torture» comme l’a souligné, dans son rapport le Comité de des Nations unies (ONU) contre la torture, condamné Rabat pour ses multiples violations de la Convention contre la torture. En France, l’ONG chrétienne contre la Torture et la peine de mort (ACAT), a adressé un message, au président Emmanuel Macron, la veille de sa visite officielle à Rabat, en indiquant qu’« il est nécessaire que le président français évoque publiquement la question du procès emblématique de Gdeim Izik». Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, la responsable avait déclaré avant le déplacement de Macron au Maroc, que «nous espérons, qu’Emmanuel Macron fera preuve, à l’égard de Mohammed VI, de la même fermeté qu’avec Vladimir Poutine» a-telle indiqué avant de souligner que Le procès de Gdeim Izik est emblématique du peu d’égard du Royaume pour les droits de l’homme en général et les droits des Sahraouis en particulier» avait précisé, précisé Hélène Legeay. Ne manquant pas plus loin de souligner que «La France, en tant que premier partenaire du Maroc, ne peut décemment pas fermer les yeux sur cette affaire» a-t-elle affirmé.
Karima Bennour