Belayat

Recul du FLN aux législatives : Les redresseurs reprennent du poil de la bête

Au moment où tout le monde croyait que le FLN avait réussi d’atténuer la crise interne qui le secoue, depuis 2013, prétendument après l’arrivée de Djamel Ould-Abbès à la tête du secrétariat national du parti, le résultat obtenu par le parti, lors des élections législatives, a ouvert une nouvelle brèche aux redresseurs qui n’ont pas manqué de s’attaquer, à nouveau, à la direction dirigeante. En effet, depuis la proclamation des résultats du scrutin, des voix s’élevaient pour réclamer le changement et sauver le parti d’«un naufrage imminent». Dans un communiqué rendu public, hier, le Bureau politique du parti a défendu le bilan des élections législatives. Il s’est félicité de «la victoire réalisée» lors de ce rendez-vous, qui lui a permis de sauvegarder sa position de première force politique. Pour Abderrahmane Balayat, chef de file des redresseurs, la victoire est claire, mais rien ne représente «un triomphe». Il estime que le nombre de sièges obtenus par le FLN aux législatives du 4 mai a dévoilé plusieurs faiblesses, dont la direction actuelle du parti en est «seule responsable». Pour étayer ses dires, l’ancien cadre de l’ex-parti unique fait référence aux évènements qui ont marqué la campagne électorale du parti, sombré dans des affaires de corruption liées à la préparation des listes de candidats FLN, dans plusieurs régions. Il en prend pour cible, le secrétaire général actuel, qu’il accable. Encore une fois, Belayat s’en est remis au président de la République, dont il sollicite l’intervention en qualité du pré- sident du parti pour la réorganisation de la maison FLN. «Ould-Abbès a clairement assumé qu’il était à l’origine de la préparation et de la validation des listes de candidats. Ce qui est considéré comme infraction grave au règlement intérieur du FLN», a-t-il expliqué. Ce dernier dénonce ce qu’il qualifie de la mainmise de Djamel Ould-Abbès sur les instances du parti, et lequel est «le seul responsable» de la situation dans laquelle s’est retrouvé le parti, qui, non seulement, risque «la déstabilisation», mais aussi de perdre «sa crédibilité» sur le terrain. «Il est temps de corriger ces irrégularités avant qu’il ne soit trop tard», a-t-il recommandé à qui veut bien l’entendre. Abderrahmane Belayat juge qu’Ould-Abbès agit en solo, et n’a pas respecté les orientations et la mission qui lui ont été confiées par le président du parti. Revenant sur la campagne électorale, menée par le secrétaire général du parti, la figure de proue des frondeurs estime qu’elle n’était pas à la hauteur de sa mission. «Le discours adopté par le secrétaire général du parti, lors de la campagne électorale, a démobilisé la base militante, mise, ainsi, à l’écart. Un état de fait qui a empêché le parti de progresser à même de préserver sa place sur l’échiquier politique national», analyse notre interlocuteur joint par téléphone. Il convient, enfin, d’observer que les clivages internes et les divergences des points de vue des cadres du parti sont à l’origine de la régression de sa position sur le terrain. La direction dirigeante actuelle du FLN et les redresseurs n’arrivent toujours pas à forger une idée claire sur le devenir de la plus vieille formation politique. Ce qui est de plus perceptibles dans les discours des différents cadres qui ont réservé une fin de non-recevoir à toute initiative appelant à la réconciliation. Force est de constater que la crise qui couve au sein du FLN semble plus profonde que nous l’avions imaginée.

Abdellah Bourim