Lamamra

Ramtane Lamamra en visite, aujourd’hui, aux USA : Un agenda fort étoffé entre Alger et Washington

Les chefs de la diplomatie algérienne et américaine se rencontrent aujourd’hui, à Washington, pour s’entretenir autour de la coopération bilatérale et les questions politiques et sécuritaires d’intérêt commun, selon le communiqué du département ministériel de Ramtane Lamamra. Sur invitation du secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, le chef de la diplomatie algérienne, Lamamra, aura à discuter, au courant de cette visite de travail de deux jours, avec des responsables du Congrès américain. Les relations bilatérales entre l’Algérie et les États-Unis, dans divers domaines, vont être au cœur de l’entretien qu’auront Lamamra et Tillerson, à Washington, outre les questions sécuritaires et politiques, ainsi que la lutte contre le terrorisme qui domineront, sans nul doute, la rencontre entre les deux hommes, ainsi que celle qu’aura Lamamra avec les responsables américains, dont les membres du Congrès US. C’est dans le sillage du dialogue stratégique, entre Alger et Washington, que les deux responsables aborderont les questions précitées inscrites à l’ordre du jour de la visite de travail qu’effectue le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, dès d’aujourd’hui à Washington. Un déplacement qui intervient, précise la même source, dans la «perspective» de la tenue de la quatrième session ministérielle, algéro-étatsunienne, après celle qu’a abritée Washington, en avril 2015, au terme de laquelle les deux parties ont, dans un communiqué commun, réaffirmé leur engagement «en faveur de l’importante relation qui lie les deux pays, et se sont engagés à accroître, approfondir et élargir leur coopération politique, sécuritaire, économique et commerciale», lit-on. Les États-Unis ont affirmé, à cette occasion, leur «soutien» aux efforts entrepris par l’Algérie pour «diversifier son économie et développer son secteur énergétique, y compris les technologies relatives aux énergies renouvelables et les hydrocarbures non conventionnels». À l’issue de l’audience qu’a accordée, en avril dernier, Ramtane Lamamra à une délégation de membres du Congrès américain, conduite par l’Assistant principal du président de la Chambre des Affaires étrangères, Thomas M. Hill, celui-ci a indiqué qu’elle a porté sur «l’excellente et la profonde relation de coopération qu’entretiennent les deux pays dans les divers domaines»; notamment, a-t-il cité, politique, économique et en matière de lutte contre le terrorisme. Nommé au poste de Secrétaire d’État à l’administration de Donald Trump, après l’investiture de celui-ci à la tête de la présidence des États-Unis, janvier dernier, Rex Tillerson,a passé près de 41 ans au sein du géant pétrolier américain Exxon Mobil, et a occupé le poste de son président-directeur après avoir débuté sa carrière en tant qu’ingénieur de production et en contribuant, tout au long de ces quatre décennies au sein d’Exxon Mobil, à la conclusion de nombreux accords avec des dizaines de pays à travers le monde. La convergence de vues sur les questions sécuritaires, tant régionales qu’au niveau international, entre Alger et Washington, place l’Algérie au rang de partenaire incontournable et fiable, ne manquent pas de souligner les responsables américains, dont ceux de la nouvelle administration de Donald Trump. Dès le début de son mandat à la tête de la Présidence américaine, sept pays arabo-musulmans ont été blacklisté par Washington, excluant l’Algérie de cette liste, le pays est resté «relativement stable malgré les remous dans les pays voisins», selon une fiche d’information et qu’ Alger «joue un rôle constructif dans la promotion de la stabilité régionale», souligne la même source. La rencontre entre les deux responsables, Lamamra et Tillerson, verra également des échanges de points de vue «sur les questions internationales inscrites à l’agenda des Nations unies», notamment la Question palestinienne, les crises, en Libye et en Syrie, la situation au Sahel, ainsi que la Question du Sahara occidental, selon le communiqué du département ministériel de Ramtane Lamamra. Lors de la tenue, janvier dernier, de la conférence internationale sur le Proche-Orient, Lamamra a, dans son intervention, déclaré que «dans ce Moyen-Orient plus que jamais parcouru par les ondes négatives de l’extrémisme et du terrorisme, seule la satisfaction des droits nationaux inaliénables du peuple palestinien dans son État indépendant, avec El-Qods-Est comme capitale», est de nature, a-t-il poursuivi, «à ouvrir une nouvelle ère au bénéfice de tous les peuples de la région», a soutenu le chef de la diplomatie algérienne. Par ailleurs, l’approche algérienne en matière de règlement de conflits, notamment au Mali et en Libye, est basée sur le dialogue inclusif, la réconciliation nationale et la lutte contre le terrorisme. Pour Alger, la lutte contre le terrorisme nécessite une approche multidimensionnelle pour l’éradiquer et qu’au-delà de la lutte strictement sécuritaire qui doit être menée, l’éradication du terrorisme passe par le tarissement de ses ressources financières, qui lui donnent les moyens de sa propagande et sa capacité de nuisance, ne cesse de le souligner Alger. Précisant, à chaque occasion, que le paiement de rançon est une source de financement du terrorisme, et donc une question nécessitant un traitement à travers une coopération plus active dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, en vue de tracer et de contrôler les transferts financiers douteux qui risquent de profiter au terrorisme.
Karima Bennour