Frappe amcéricaine

Raid US contre une base militaire syrienne : Réactions fleuve de l’opinion internationale

Les réactions à l’agression des tirs de 59 missiles Tomahawk par l’Armée américaine contre la base militaire d’Al-Chaayrate, à Homs, Syrie, ne se sont pas fait attendre, et continuent de se manifester à divers niveaux, notamment au sein de l’opinion américaine.

Si, quelques heures après ces frappes américaines, le Conseil de sécurité s’est réuni pour examiner la décision unilatérale des États-Unis de bombarder la Syrie, Moscou a vite fait, de son côté, d’annoncer, vendredi matin, la suspension du Mémorandum signé avec Washington sur la prévention des incidents aériens, suivi d’une note envoyée, quelques heures après, au Pentagone annonçant qu’elle mettait fin au fonctionnement de la hotline.
Autre réaction à l’agression américaine contre la Syrie, que nul ne peut contester son illégalité au vu du Droit international, celles exprimées par les citoyens américains à travers des manifestations régulières, depuis vendredi soir, à travers les villes des États-Unis, pour protester contre la décision du président Trump de bombarder la Syrie.
Le ministère de la Défense russe qui, pour lui, les justifications américaines pour ces frappes sont sans fondements», a annoncé, vendredi dernier, que des «mesures seraient prises pour renforcer et améliorer l’efficacité du système de défense antiaérien syrien dans un proche avenir».
Attendu à Moscou, mardi prochain, pour une visite officielle annoncée, faut-il le rappeler, avant les frappes de l’Armée américaine contre la Syrie, le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, effectuera sous la présidence de Donald Trump son premier déplacement à Moscou, au moment où les relations entre les deux pays sont tendues.
La Russie a affirmé, quelques heures après l’agression américaine contre la République syrienne, qu’elle attendait des explications de la part du secrétaire d’État Rex Tillerson, lors de sa première visite en Russie, prévue les 11 et 12 avril prochains.
Sur la venue de Tillerson à Moscou, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré, le jour même de l’attaque, «qu’il vienne et qu’il nous explique ce qu’ils ont fait aujourd’hui (vendredi, ndlr), nous lui dirons tout ce que nous en pensons», a-t-elle lancé, avant de souligner que «nous attendons des explications». Affirmant que la diplomatie russe avait eu «des contacts vendredi avec les Américains», notamment sur la visite du secrétaire d’État Rex Tillerson, Zakharova a qualifié les frappes américaines ayant ciblé, dans la nuit de jeudi à vendredi, une base de l’aviation syrienne, d’acte «sans but, imprudent et dangereux», a-t-elle souligné.
Le successeur de John Kerry, au poste de secrétaire d’État aux affaires étrangères, Rex Tillerson, se rendra en Russie, mardi, au lendemain, aussi, de la déclaration accablante pour les États-Unis du porte-parole du ministère russe de la Défense.
Celui-ci a en effet déclaré, hier, «une journée après les tirs de missiles effectués par des navires américains contre l’aérodrome de Shayrat, ni le Pentagone ni le Département d’État», a-t-il précisé, «n’ont présenté de preuves de l’existence d’armes chimiques sur cette base aérienne». La visite du responsable américain a été évoquée, hier, par son homologue du Royaume-Uni, Boris Johnson, dans son annonce relative à l’annulation de sa visite à Moscou. «J’ai discuté en détail les plans avec le secrétaire d’État américain Tillerson, qui se rendra à Moscou comme prévu, à l’issue de la réunion du G7», a déclaré Boris, avant d’indiquer que Rex Tillerson pourra à cette occasion «exposer aux Russes une position claire et coordonnée», a-t-il précisé.
Quant au cours des travaux de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, transmis, faut-il le noter, en direct, l’ombre et les déclarations de l’ex-responsable américain, Colin Powel, qui après avoir soutenu que l’Irak était en possession d’armes de destruction massive, pour que Washington envahisse avec son armée, en 2003, ce pays, des années après, il a affirmé qu’il avait menti.
Dans le cas de l’agression militaire américaine, en l’absence d’enquête indépendante sur ce qui s’est réellement passé, dans le village de Khan-Cheikhoun, et identifier les auteurs du crime commis par cette attaque de gaz contre des civils, après une campagne médiatique accusant Damas d’être l’auteur, Washington décide de mener ses frappes contre la Syrie, en tirant 59 missiles Tomahawk, dans la nuit de jeudi et vendredi dernier, à la grande surprise de la communauté internationale et l’opinion mondiale.
Dans son intervention à la réunion du Conseil de sécurité, l’ambassadeur de Bolivie auprès de l’ONU, Llorenti Sacha, a rappelé ses membres sur ce qui s’est produit, le 5 février 2003, jour où le secrétaire d’État américain Colin Powell, raconte Llorenti, «est entré dans cette salle pour nous présenter une preuve convaincante que l’Irak disposait d’armes de destruction massive». Exhibant une photo de Colin Powell prise le jour où il brandissait à la tribune de l’ONU un flacon censée contenir de l’anthrax comme preuve de l’existence d’armes de destruction massive en Irak, le grand mensonge des Occidentaux, pour envahir ce pays, Llorenti lance aux membres du Conseil de sécurité, notamment à l’ambassadrice américaine Nikky Haley, «j’estime que nous devons nous souvenir de cette photo et sur ce que Powel nous avait dit à propos des armes de destruction massive en Irak, le grand mensonge, qui était la raison de l’invasion de l’Irak», a-t-il rappelé.
Et de poursuivre, en pointant du doigt la responsabilité des membres de l’Otan, à leur tête Washington, qui après l’intervention militaire en 2003 de l’Irak, «il y avait un million de morts, de plus cela a provoqué une vague d’atrocités et de violences dans la région», avant d’ajouter, «parlerions-nous de Daech aujourd’hui si cette invasion ne s’était pas produite? Des attaques horribles dans diverses parties du monde, si cette invasion illégale n’avait pas eu lieu?», s’est demandé Sacha Llorenti.
Déclaration du représentant bolivien qui n’a pas été sans impact sur l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikky Haley, ainsi que ses collègues, britannique et français, qui ont applaudi les frappes américaines contre la Syrie, en violation du Droit international.
Karima Bennour