Viande verte

Putréfaction des viandes de l’Aïd El Adha : La polémique refait surface

Le scénario de putréfaction de la viande après l’abattage des moutons revient encore cette année. Plusieurs familles ont constaté un état de pourriture très avancé sur de différentes parties de la bête sacrifiée.

Ce phénomène relance à nouveau le débat sur l’alimentation et l’élevage du bétail. En effet, de nombreuses affaires de putréfaction des viandes ont créé une polémique sur les réseaux sociaux au lendemain de l’Aïd Al-Adha. Des citoyens de plusieurs wilayas ont déclaré des anomalies flagrantes sur l’état de la viande qui a changé de couleur, en postulant des photos récentes et « datées » pour montrer la pourriture de la viande, d’ailleurs, soit juste après quelques heures d’avoir laissé la viande séchée et découpée ensuite. Cette procédure a été suivie par la majorité des familles ayant fait le rituel sacrifice. Des citoyens ont découvert que la viande virait à la couleur verte ou bleue. De même que des odeurs nauséabondes s’en dégageaient. Les réseaux sociaux se sont fait l’écho de plusieurs vidéos et images montrant les témoignages de familles révoltées et alarmées.
Les défenseurs des causes des consommateurs ont en vu plusieurs cas. «Les cas étaient nombreux. En plus du nombre important d’appels téléphoniques que nous avons reçus à ce sujet, plusieurs requêtes sont parvenues à la fédération», précise Mustapha Zebdi, président de l’Association de la protection et orientation du consommateur et son environnement. Zebdi a fustigé le ministère de l’Agriculture qui « observe un silence radio, et tarde à apporter des éléments de réponses aux interrogations des citoyens.» « Le service vétérinaire du ministère de l’Agriculture ne s’est pas prononcé encore, pourtant c’est la vie des citoyens qui est en question.» Concernant les wilayas les plus touchées par ce fait, il a cité « Alger, Oran et Constantine.»
« L’Apoce est convaincue que la putréfaction de la viande est due essentiellement aux compléments alimentaires utilisés par les éleveurs de bestiaux comme l’avait déjà affirmé le ministère de l’Agriculture l’année précédente », explique-t-il.
Selon un vétérinaire, la putréfaction est due à un surdosage de compléments alimentaires ajoutés aux fourrages consommés par les moutons à sacrifier. « En tant qu’association, notre rôle est la sensibilisation des citoyens et la réception des requêtes. Nous demandons de déposer plainte contre X pour mise en danger de la vie des citoyens », affirme-t-il. Selon Zebdi « la consommation de la viande contaminée peut provoquer l’apparition des diarrhées, des maux d’estomac, des nausées et des vomissements, des infections ou crampes d’estomac. Elle peut même provoquer la mort » a-t-il averti. Par ailleurs, on a appris que les bêtes les plus touchées sont les moutons les plus gros. « Si ce phénomène a fait couler beaucoup de salive cette année, ce n’est pas pour autant qu’il constitue une première. «Ce n’est pas un fait nouveau. Cette année, nous constatons un accroissement de ce type d’affaires», nous a fait savoir Abdelkader, ancien maquignon à l’abattoir d’Alger. « On demande l’ouverture d’une enquête quant aux causes de ce phénomène.» Pour Abdelkader, « ce n’est pas étonnant car certains éleveurs donnent à leurs bêtes des produits non autorisés dans toute viande destinée à la consommation.» Il évoque également la possibilité que ces animaux aient été soumis à des injections (anti-inflammatoires) pour l’engraissement des moutons, ce qui expliquerait, la croissance démesurée de certaines bêtes. Ces putréfactions des viandes, qui ont fait l’actualité au deuxième jour de l’Aïd El Adha, relancent à nouveau le débat sur l’alimentation du bétail. Plusieurs voix se sont, en effet, levées pour lier ce phénomène au recours, par certains éleveurs, à des produits d’alimentation prohibés pour les moutons. Notre interlocuteur nous a fait savoir notamment que : «Ce problème touche surtout les bêtes bien engraissées». Selon lui, «la mauvaise qualité des alimentations peut aussi affectée la viande», nous a-t-il dit.
Mohamed Wali