Cour de Boumerdès

Procès des activistes de Daech : Peines de 3 à 20 ans de prison ferme requises contre 36 prévenus

Le procureur de la République près de la cour de Boumerdès a requis des peines allant de 3 à 20 ans de prison ferme contre les 36 prévenus, impliqués dans la filiale de Daech, dont le procès s’est poursuivi jeudi dernier. Les auditions, qui se sont poursuivies tard dans la soirée de cette journée, ont révélé les dessous de cette affaire terroriste, où des chefs de Daech usaient de tous les moyens, notamment l’Internet, pour enrôler et recruter des jeunes et des femmes pour le djihad en Syrie et en Irak. Dans cette organisation, un certain Mirimi Mohamd alias Abou Maram, âgé de 33 ans, ingénieur de formation de son état et originaire de Boudouaou (Boumerdès), serait le premier algérien à avoir rejoint les rangs de Daesh, fin 2014, en passant par la Turquie. Et depuis, plus de 30 autres individus, dont la plupart résidaient à Boudouaou, ont rejoint la Syrie et l’Irak pour combattre sous la bannière de Daech. Des chefs ont été désignés pour s’occuper des recrutements au profit de l’Organisation terroriste tristement célèbre, pour ne citer les dénommés, Moukas Fares alias Abou Doudjana, Boubekeur Hammache alias Abou El-Abas, et Aït Saïd Salem dit Abou Mahmoud El-Fatah. Devant le juge, la femme de Mohamed Merimi, alias Abou El-Maram, Ghalemi Yasmina à savoir, a déclaré qu’elle ignorait toutes les activités terroristes de son mari, et qu’elle a appris cela par les services de sécurité, alors que son mari l’a informée qu’il est allé en formation à l’Est du pays. Poursuivies pour la même affaire, les autres femmes ont toutes nié les faits, reprochés à leur encontre, alors que l’analyse et l’étude de leurs comptes facebook et l’écoute de leurs communications téléphoniques apportent la preuve de leur volonté de rallier l’Organisation de l’«État islamique», Daech. M. Khadidja, native de Mascara, est accusée d’être partie en Turquie d’où elle a rejoint le Maroc avant de regagner le pays. Meriem de Oued-Souf, quant à elle, dit consulter les sites web djihadistes par simple curiosité. Les accusés ont nié les faits qui leur sont reprochés, bien que des preuves de leur connivence avec la nébuleuse intégriste ont été à chaque fois rappelées par la juge. Tout en avançant les preuves de leur implication dans cette affaire terroriste, le procureur de la République, qui a félicité par ailleurs le travail des services de sécurité, a lancé aux accusés que le plus important «est de vous avoir sauvés de rejoindre cette organisation sanguinaire de Daech». Suite à quoi, le représentant du ministère public a requis une peine de 20 ans de prison ferme contre 12 mis en cause, 10 ans de prison ferme contre 18 autres accusés, 5 ans d’emprisonnement contre 5 autres, 3 ans d’emprisonnement contre 1 autre accusé, ainsi que des amendes.
Il convient de rappeler que le démantèlement de cette affaire a éclaté après deux plaintes déposées, respectivement, par le père d’une étudiante à l’université de Boumerdès, et le mari d’une femme au foyer mère de 4 enfants, faisant état de leur disparition. L’enquête qui a été aussitôt déclenchée a révélé que les deux femmes avaient rallié Daech, via la Turquie.
B. Khider