24 prisonniers sahraouis de Gdeim Izik

Procès des 24 prisonniers sahraouis de Gdeim Izik : Rabat fait appel à des repris de justice pour terroriser les proches des détenus

Au deuxième jour de la reprise du procès des 24 détenus politiques sahraouis, du groupe de Gdeim Izik, en cours depuis lundi dernier, le Royaume chérifien a fait appel, une énième fois, à la loi de la force, dont use systématiquement son système colonial au Sahara occidental.
Des défenseurs des droits de l’Homme, journalistes et militants de la cause sahraouie, ainsi que les familles des prisonniers ont été empêchés, physiquement, et menacés de s’approcher du siège de la Cour pour assister au procès. Les autorités marocaines ont engagé les sujets du Roi, des repris de justice, pour les terroriser. Si, dans les territoires du Sahara occidental, sous occupation marocaine, les autorités coloniales ont, à maintes reprises, fait appel aux colons marocains pour les soutenir à réprimer toute manifestation pacifique des Sahraouis, revendiquant la liberté, la dignité et l’expression de leur droit à l’autodétermination, en application du droit international, dans l’espace géographique du Royaume, reconnu par l’ONU et ses membres, le Makhzen s’appuie sur des repris de justice marocains pour terroriser les Sahraouis.
Ces derniers ont été, en effet, mobilisés, par les autorités du Royaume chérifien, pour terroriser les proches et les militants sahraouis, loin du siège de la Cour de la justice coloniale marocaine, où se tenait le procès des 24 détenus sahraouis du groupe Gdiem Izik. La Chambre criminelle près l’annexe de la Cour d’appel, à Salé, a repris, lundi dernier, après trois reports, le procès des prisonniers politiques sahraouis détenus illégalement, depuis 2010 dans les geôles du colonisateur marocain, pour le seul crime d’être des Sahraouis qui défendent l’un des droits fondamentaux de leur peuple, celui de l’autodétermination et de l’indépendance. La cadence soutenue de la campagne de soutien et de solidarité internationale, en faveur des détenus politiques sahraouis, ne cesse de prendre de l’ampleur, exigeant leur libération, et l’arrêt des violations, par Rabat, des droits de l’Homme des Sahraouis, dans les territoires occupés. Le qualifiant de «honteux», la Coordination espagnole de solidarité avec le Sahara occidental (Ceas) souligne que le Maroc ne cesse de démontrer qu’il use «de la force et de la politique répressive» pour faire perdurer son occupation du Sahara occidental.
Les violations des droits de la population sahraouie a été, rappelle pertinemment la Ceas, «documentée par de nombreuses organisations et d’ONGs, comme Amnesty international et des délégations du Parlement européen et du département d’État américain», outre plusieurs pays, ont attiré l’attention sur la situation difficile des prisonniers, lors de l’examen périodique des droits l’Homme au Maroc, par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, à Genève. Pour les juristes et les experts en Droit international, à travers le monde, dont les Africains et les Européens, le procès des 24 détenus sahraouis de Gdiem Izik, en plus d’être entaché d’irrégularités, il est illégal, du fait qu’il relève d’une justice d’un système politique en violation de la Loi internationale, s’agissant du Sahara occidental. Question de décolonisation inscrite à l’ONU. Ce qui a été, faut-il le rappeler, à l’origine de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (UE), rendant caducs les Accords UE-Maroc, car incluant les territoires des saharouis, ce qui est en violation du Droit international et de l’UE.
Ce qui a été rappelé par la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, le deuxième jour du procès précité, affirmant que le Sahara occidental «est un territoire non autonome», ce qui sonne comme un rappel à l’ordre à Rabat, de même à ses soutiens dans sa colonisation , principalement la France. Et l’Histoire enseigne qu’aucun pouvoir colonial n’a réussi à conserver son contrôle sur les territoires colonisés, ni sur leurs peuples, qui, par leur volonté et leur détermination à vivre librement et dignement en étant indépendants, ont triomphé sur la machine coloniale. Après plus de 27 mois de détention préventive, dans les geôles de l’occupant marocain, les 24 militants politiques sahraouis avaient été, pour rappel, condamnés par un tribunal militaire à de lourdes peines d’emprisonnement. Après une campagne internationale dénonçant les pratiques du système colonial marocain au Sahara Occidental, en violation des droits de l’homme des sahraouis, dont la condamnation du tribunal militaire précitée, le 27 juillet dernier, la Cour de cassation marocaine l’avait annulé. Le procès en appel des prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik se poursuit, au moment où une campagne de soutien et de solidarité internationale bat son plein et est menée en faveur des détenus sahraouis, exigeant leur libération immédiate et sans conditions.
Karima Bennour