Mohamed Fali

Prison avec sursis pour le chef d’Al Ahmadiya : L’Algérie veut protéger ses référents doctrinaux

Le chef spirituel de la confrérie Al Ahmadiya en Algérie, Mohamed Fali, a été condamné hier, à six mois de prison avec sursis en première instance par le tribunal d’Ain Tadlas dans la wilaya de Mostaganem. Aucun organe officiel n’a rapporté l’information, mais les partisans de la confrérie soufie ont en fait largement état sur les réseaux sociaux. Le chef spirituel de la confrérie Al Ahmadiya en Algérie, Mohamed Fali, a été arrêté le 28 août dernier à Ain Sefr, alors qu’il se trouvait en visite chez ses parents. La Justice algérienne, sur plainte du ministère des Affaires religieuses, l’a poursuivi pour collecte de fonds sans autorisation, atteinte au Prophète et constitution d’une association sans agrément. Selon des sources au ministère des Affaires étrangères, l’objectif des autorités algériennes n’est pas de réprimer les minorités religieuses ou schismatiques, mais de protéger les référents doctrinaux de l’Algérie. Construite sur des siècles de pratiques saines de l’islam, d’attachement au rite de l’école malékite, la doctrine religieuse de l’Algérie semble être très homogène et pondérée, et n’a pas connu des soubresauts des autres pays musulmans, où les rivalités entre sunnites et chiites ont fait désordre. De même, l’unicité du dogme et du rite en Algérie ont largement contribué jusque-là à protéger les populations des déchirements et des vicissitudes religieuses qui ont divisé des populations entières en deux camps rivaux dans les pays de l’islam. Le ministre des Affaires religieuses et du Wakf Mohamed Aissa disait récemment que « l’État algérien n’a pas l’intention de combattre les adeptes de la secte Al Ahmadiya », et que ses adeptes poursuivis « ne le sont pas pour la pratique de leur culte religieux mais pour leur adhésion à une association non agréée et leur collecte de dons sans autorisation ». Cet assouplissement dans l’attitude face à cette confrérie a été adopté pour éviter que ces réglages ne soient inscrits dans le registre des atteintes des droits de l’homme ou des droits des minorités religieuses.
F.O.