Enfant autiste

Prise en charge des enfants autistes : Le cri de détresse des parents

Il est dur d’être autiste en Algérie et encore plus dur d’être parent d’un enfant atteint par cette pathologie. Des parents qui se sentent livrés à eux-mêmes en l’absence d’une prise en charge spécialisée.

Face à la défaillance criarde en matière d’infrastructures, maillon faible dans la chaîne, le ministère de la Solidarité nationale se trouve aussi la cible de critiques. Le département de Mounia Meslem est accusé de «confondre» entre l’autisme et les autres catégories de personnes aux besoins spécifiques.
Des associations ayant profité l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, qui coïncide avec le 2 avril de chaque année, ont appelé à faire plus de lumière sur les souffrances endurées par les parents des autistes. La rencontre organisée, hier au Plais de la culture à Alger, par le ministère de la Santé, de la Population et de la réforme hospitalière et à laquelle ont pris part en plus du ministre, Abdelmalek Boudiaf, des spécialistes nationaux et étrangers pour évaluer le programme national pour la prise en charge des troubles du spectre de l’autisme, à été une occasion pour le mouvement associatif d’attirer l’attention sur le vécu quotidien de cette frange oubliée de la société. En effet, les représentants de différentes associations présentes lors de cette rencontre ont largement abordé les problèmes confrontés par les parents dans la recherche d’une réelle prise en charge de leurs enfants autistes à travers la recherche d’un centre spécialisé. Mais la situation de ces enfants devient plus complexe une fois qu’ils ont atteint l’âge de 18 ans et plus. Dans la rencontre d’hier et devant le témoignage d’une mère désabusée et désespérée en regardant son enfant autiste grandir mais sans lendemain, le ministre de la Santé n’a pas tardé à rétorquer : «oui, je comprend votre situation et j’en connais personnellement d’autres même graves. Mais, dites mois quoi faire ! Faites-moi des propositions ! ». Boudiaf, qui a présidé hier la présentation et l’évaluation du bilan de la première phase de projet d’élaboration d’un programme national de prise en charge des autistes par les professeurs Chakali de l’Algérie et Evrard de France, a fait savoir que le président de la république a instruit le staff gouvernemental de faire de ce programme une priorité dans le secteur de la Santé à l’instar de ce qui a été fait avec le programme national de lutte contre le cancer. Le ministre a indiqué que le programme pour la prise en charge des autistes est en préparation et son achèvement est prévu dans 4 à 5 ans au maximum, car «son élaboration nécessiterait du temps et interviendrait graduellement en différentes phases».
Boudiaf a reconnu que ce dossier est «complexe, mais nous ne devrons pas rester en marge des pays en terme de recherches réalisées dans ce domaine», soulignant que l’Algérie est le quatrième pays à avoir procédé à l’élaboration d’un programme spécifique pour l’autisme. Un travail, a-t-il ajouté, qui ne s’arrête pas uniquement sur le volet académique et scientifique, mais il touche à toute la société en impliquant aussi le mouvement associatif. Le ministre a dit comprendre les parents d’enfants autistes dans leurs sollicitations pour trouver des solutions urgentes, mais la solution, selon Boudiaf, «n’est pas facile», parce que «l’objectif de ce programme est de trouver des solutions définitives avec une méthodologie algérienne pour traiter de ce phénomène».
Le ministre a souligné que 17 centres spécialisés dans la prise en charge des personnes souffrant d’autisme sont répartis dans tout le territoire national.
Il a affirmé que seulement 5 ou 6 centres sont reconnus comme des centres référentiels et assurant les missions qui leurs sont attribuées et que le reste des centres manifestent des défaillances à combler.
Pour cela, le ministère de la santé va lancer une opération de mise à niveau de ces centres pour optimiser au mieux leurs services et aussi procéder à leur fonction de la tranche d’âge des autistes. Pour la prise en charge des enfants autistes adultes de 18 ans et plus, Boudiaf a reconnu la difficulté de la tâche pour les parents, tout en tenant à rassurer que «l’État est déterminé à accompagner ces familles et à garantir une meilleure prise en charge dans l’avenir».
Hamid Mecheri