Antonio Guterres

Priorités du SG de l’ONU sur la question sahraouie : Relance de la négociation et respect des droits de l’homme

Dans la première mouture de son rapport , le nouveau secrétaire général de l’ONU , Antonio Guterres, parmi les priorités qu’il s’est fixé en ce début de mandat est le règlement du règlement du conflit du Sahara occidental, bloqué en raison de l’occupation coloniale de la Rasd et du refus du Maroc de se soumettre à l’organisation du ré referendum d’autodétermination du peuple sahraoui comme s’y était engagé Hassan II en 1981 à Nairobi.

Pour parvenir a un règlement, Guterres souligne dans son rapport dont le Courrier d’Algérie a obtenu une copie, qu’il compte relancer le processus de négociations au Sahara occidental en panne depuis les années 1990 avec une « nouvelle dynamique » afin de parvenir à une solution politique mutuellement acceptable au conflit opposant le Front Polisario au Maroc. «Je prévois de proposer que le processus de négociations soit relancé avec une nouvelle dynamique et un nouvel esprit qui reflète l’orientation du Conseil de sécurité avec l’objectif de parvenir à une solution politique mutuellement acceptable», souligne-t-il dans son rapport. Il a néanmoins estimé que «pour que des progrès soient faits, les négociations doivent être ouvertes aux propositions et idées des deux parties (RASD et Maroc)». Il a soutenu également que «l’Algérie et la Mauritanie, en tant que pays voisins, « peuvent et devraient effectuer des contributions importantes à ce processus». Pour le successeur de Ban Ki-moon, la solution au conflit doit déterminer le statut final du territoire du Sahara occidental, sans qu’il ne précise clairement toutefois qu’il faut obligatoirement passer par le référendum d’autodétermination du peuple sahraoui comme le soulignent a chaque fois depuis 1966 les résolutions des Nations unies. Guterres a rappelé que le Conseil de sécurité avait enjoint au secrétariat général de faciliter des négociations directes entre les deux parties (Front Polisario et Maroc) qui doivent aboutir à l’autodétermination du peuple sahraoui. L’appel du nouveau SG des Nations unies à relancer les discussions intervient, rappelle-t-on, après plusieurs mois de tensions entre le Polisario et le Maroc, suite à l’expulsion par Rabat de la composante civile et militaire de la Minurso et à la tentative de l’armée marocaine d’occuper la localité de Guerguerat, soi disant pour mettre fin au trafic de drogue. Un argument des plus risibles et alors qu’en France on vient de démanteler un vaste réseau de drogue et de blanchiment agissant pour le Makhzen. Dans le rapport, Antonio Guterres a, en outre, exhorté les parties en conflit «à respecter et à promouvoir les droits de l’Homme, en comblant notamment les lacunes constatées et en renforçant leur coopération avec le Haut Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, y compris en facilitant davantage les visites de suivi». Le SG de l’ONU a estimé nécessaire aussi «un suivi indépendant, impartial, exhaustif et soutenu de la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental occupé et dans les camps de réfugiés». C’est une concession faite au Maroc et a ses soutiens inconditionnels notamment la France qui ont bloqué la proposition des États-Unis , d’élargir le Mandat de la Minurso à la protection des droits de l’homme dans les territoires occupés de la RASD et notamment à El Ayoun occupée ou la répression marocaine s’exerce au quotidien. Le SG de l’ONU a, par ailleurs, lancé un appel à la communauté internationale et aux nouveaux donateurs pour augmenter leur contribution financière au programme des réfugiés sahraouis, indiquant que les besoins devraient s’élever à 75 millions de dollars en 2017. À signaler qu’avant même qu’elle n’ait débuté, la nouvelle dynamique voulue par le SG de l’ONU a enregistré un premier acte de défiance de la part du Maroc. Mohammed VI a opposé il y a près de deux mois un refus catégorique au déplacement de l’émissaire onusien, Christopher Ross, à Rabat en vue justement de relancer le processus de négociations au Sahara occidental. «Un haut responsable du secrétariat général de l’ONU a été informé lors d’une réunion ultérieure que le Maroc n’allait plus recevoir l’envoyé personnel du SG de l’ONU en raison de sa prétendue partialité en faveur du Sahara occidental», a fait savoir le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. «Le 24 février, j’ai reçu un émissaire du Maroc qui m’a transmis la volonté du roi Mohammed VI de trouver une solution au conflit du Sahara occidental en confirmant que le Maroc n’allait plus recevoir Christopher Ross», a enchaîné le secrétaire général dans son rapport. Évoquant le blocage des négociations et le manque de coopération du Maroc qui ont conduit à la démission de l’émissaire onusien, Guterres a indiqué que son prédécesseur, Ban Ki-moon, a évoqué, en marge de la COP 22, la nécessite de relancer les négociations avec le roi Mohammed VI mais ce dernier lui a répondu qu’il ne pouvait recevoir Ross à Rabat. Le chef de l’ONU a ajouté que Christopher Ross lui a envoyé, le 23 janvier, sa lettre de démission effective. Le chef de l’ONU a regretté, à ce propos, le fait de ne pas mettre à profit le cadre des négociations mis en place grâce aux deux navettes diplomatiques menées par Ross dans la région afin de s’engager dans une solution au conflit conformément aux orientations du Conseil de sécurité. Il compte proposer l’ancien Président Hans Kohler en remplacement de Christopher Ross , alors que le nom de l’ancien représentant des Etats-Unis à l’ONU était cité.
M. Bendib