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Préparatifs avancés de la plus importante mission d’affaires américaine : Sous Trump, Washington veut du lourd en Algérie

La coopération entre Alger et Washington, déjà très dense dans les domaines militaire, commerciale et sécuritaire, connaîtra un autre départ sous l’ère Trump avec l’arrivée à Alger, durant la première semaine du mois d’octobre prochain, d’une centaine d’hommes d’affaires américains liés aux domaines de l’agriculture, l’agroalimentaire les TIC, etc.
Smaïl Chikhoune, qui dirige actuellement le Conseil d’Affaires algéro-américain, en donne quelques aperçus : «Il s’agit de la plus importante mission d’affaires américaine en Algérie jamais opérée, et la première en Afrique sous Trump». Elle aura lieu «du 1er au 4 octobre, et concernera des domaines aussi variés que l’industrie, l’agriculture, la santé, etc. Et, elle verra la présence accrue d’hommes d’affaires et des managers de haut rang». Cette mission, organisée conjointement par l’ambassade d’Algérie aux états-Unis et le Conseil d’Affaires algéro-américain, concentrera ses discussions à Alger, avec les opérateurs économiques algériens, publics et privés, les Fédérations d’industries et les ministères, «pour faire dans la précision», et aller vite dans le concret, après les visites, les amabilités et les «rounds d’observation». Si le nouveau président américain est réputé imprédictible, il est au moins très constant sur un sujet : les affaires. Pragmatique quand il s’agit des intérêts de son pays, Donald Trump trouve le chemin le plus court pour parler affaires. Pour Alger, cette mission, organisée à un moment où la situation économique induite par la récession et le tarissement des rentrées fortes en devises, est une aubaine, au moins pour booster les différentes mesures et dispositifs mis en place pour promouvoir l’investissement étranger.
Les deux dernières années, très difficiles pour l’état et le peuple, ont été consacrées à opérer des réformes pour atténuer l’impact de la baisse des cours de pétrole et mettre en place un nouveau modèle de croissance dans le but de réduire significativement la dépendance de l’Algérie aux hydrocarbures. À titre d’exemple, «si l’Algérie a enregistré une baisse de 50% de ses revenus, elle a cependant accumulé d’énormes ressources qui lui ont permis d’atténuer l’impact du choc pétrolier», selon Chikhoune ; alors que pour l’ambassadeur d’Algérie à Washington, Madjid Bouguerra, qui plaide constamment pour le renforcement du partenariat algéro-américain, «l’Algérie s’en est mieux tirée que les autres pays pétroliers, car elle a su gérer ses ressources naturelles et financières et investi judicieusement». Pour montrer aussi toute la bonne santé sécuritaire de l’Algérie, condition principale d’un climat d’affaires sérieux, Bouguerra précise que «l’Algérie a démontré avec succès ses capacités à maintenir la sécurité tout au long de ses frontières et partant à renforcer la sécurité dans la région tout en s’engageant dans la restauration de la paix au Mali et en Libye».
Fayçal Oukaci