Feu de forêts

Pour un prévention efficace des feux de forêt : L’exploitation rentable des espaces, une panacée ?

L’investissement forestier est-il en train de se frayer un chemin pour arriver chez nous ? La vague des incendies qui continue à frapper le pays cette année ravageant des milliers d’hectares de végétation a montré combien la négligence et l’abandon se sont emparés de nos forêts.

La lourde facture induite par les moyens mobilisés par l’État pour éteindre ces incendies et aussi les indemnisations décidées récemment au profit des agriculteurs poussent, aujourd’hui, les autorités publiques, dans une conjoncture d’austérité économique, à favoriser le développement des espaces dans les forêts. Et c’est au premier responsable du secteur agricole de mettre en avant cette idée, en suggérant l’option de «l’investissement dans les forêts pour lutter contre les incendies menaçant ce patrimoine national». L’enjeu est de donner une envergure économique à nos forêts qui semblent en souffrir de l’abandon, pour, ainsi dire, éviter les scénarios catastrophiques de cette année, où des milliers d’hectares sont partis en fumée. L’objectif étant aussi de trouver d’autres sources de financements que de tarir davantage la Trésorerie publique. Lors d’une visite de travail effectuée dans la wilaya de Jijel, dimanche dernier, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, a lancé un appel à l’investissement. Cela va notamment en direction de la création des forêts récréatives permettant, selon le ministre, de «rentabiliser ces lieux au double plan économique et de divertissement, et de lutter également contre les feux qui ne cessent de les menacer». Mais, la question qui taraude l’esprit reste celle de savoir comment faire, ou comment procéder pour rendre possible une telle idée? Certes, il n’est pas donné à chacun d’acquérir des espaces dans une forêt pour en engager des actions d’entretien. En revanche, il sera possible d’instituer ou de mettre en place des groupements forestiers, où de probables investisseurs pourraient prendre des parts à l’exploitation. Et, pourtant, l’idée n’est pas nouvelle, elle existe depuis des années dans nombre de pays pour ne donner que l’exemple de la France. En fait, un groupement forestier est une société spécialisée dans le foncier forestier ayant un caractère particulier. Il est chargé de la gestion administrative, notamment les attributions d’acquisition de terrains dans les forêts, les exploiter ou les louer. Il s’agit aussi de sensibiliser les investisseurs intéressés sur les méthodes de se lancer dans tel ou tel investissement. À ce titre, faut-il rappeler que l’Algérie ne regorge pas uniquement de ressources pétrolières, mais, souligne le ministre de l’Agriculture, «d’importants potentiels, qu’il suffit juste de valoriser et de protéger». Mais, à même d’encourager le placement de porteurs de projets dans l’espace forestier, il est nécessaire d’offrir de «véritables avantages fiscaux» pour ces investisseurs. Sur ce, le ministre a affirmé que son département s’emploiera à l’accompagnement des investisseurs et focalisant sur le choix des régions, bien entendu, à caractère forestier, comme c’est le cas de la wilaya de Jijel. Par ailleurs, dans cette wilaya, une superficie de près de 500 hectares de forêt sur les 140 000 qu’elle renferme a été ravagée, ces derniers jours, suite aux multiples incendies qui se sont déclarés à travers 25 communes.
Hamid Mecheri