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Pour lutter contre le gaspillage et la gabegie : L’APOCE appelle à l’institution d’un observatoire national des habitudes alimentaires

Face au changement d’habitudes alimentaires des Algériens, Mustapha Zebdi considère que la sensibilisation reste le seul moyen capable de freiner le phénomène de gaspillage.
Pour lutter contre le gaspillage alimentaire et à même de convaincre les algériens de l’importance de s’affranchir des mauvaises habitudes alimentaires, l’Association de protection et orientation du consommateur et son environnement (APOCE) préconise l’institution d’un Observatoire national des habitudes alimentaires. Pour Mustapha Zebdi, président de cette organisation, la création d’un tel observatoire permettrait de mieux comprendre les raisons qui poussent le citoyen, aujourd’hui, à adopter un comportement de gaspillage qui s’invite à l’occasion des fêtes et notamment durant le mois de Ramadhan. Un tel organisme, selon Zebdi, qui a animé une conférence-débat au Forum du Journal El Moudjahid, hier à Alger, aiderait à mener des études sur le comportement des Algériens, en vue de rationaliser les dépenses ménagères et identifier des mécanismes devant les inciter à consommer le produit national pour stimuler l’économie nationale. Toutefois, l’intensification des campagnes de sensibilisation et l’effet de la crise économique, causant une hausse des prix aux produits à la consommation, ont fait que les citoyens, de façon générale, versent de moins en moins dans le gaspillage alimentaire. Moins que les années précédentes, en tout cas, affirme Zebdi. En outre, et de l’avis du conférencier, l’augmentation des coûts des produits alimentaires durant Ramadhan, estimé à plus de 50 %, ne s’explique pas toujours par le gaspillage, mais par le fait que les Algériens mangent beaucoup plus équilibré qu’habituellement. Autrement, ils consomment plus de fruits et de viandes en cette période. En outre, l’interlocuteur a reconnu que son association se trouve dans l’incapacité dans le sens de mieux orienter les consommateurs sur les produits qui protègent leur santé, et cela est dû à l’absence d’un cahier des charges imposant la mention des produits et les ingrédients qu’ils contiennent, déplore Zebdi. Pour mieux faire, l’APOCE est en train d’élaborer un document portant recommandations référentielles auxquelles, elle souhaite la collaboration de tous lesacteurs associatifs, les professionnels et les ministères concernés (commerce, santé…). L’interlocuteur a expliqué qu’à travers ce label, elle œuvre à «sensibiliser le consommateur algérien et l’orienter à consommer algérien», en menant des études comparatives entre différents produits. «Le consommateur algérien est désorienté au vue des nombreuses marques de produits proposées à l’achat. Zebri en veut pour exemple, l’existence, sur le marché, de plusieurs marques de café, mais sans un cahier des charges qui indique la provenance de la poudre utilisée et le taux de chaque composant. Du coup, face à cette situation, l’APOCE s’avère impuissante dans l’action consistant à orienter le consommateur, selon les explications de Zebdi. Par ailleurs, l’APOCE aannoncé qu’elle va adhérer à la campagne de lutte et de prévention contre les intoxications alimentaires collectives, celle lancée notamment par le ministère du Commerce, depuis dimanche dernier jusqu’à samedi prochain. Elle compte, à ce titre, mobiliser l’ensemble de ses activistes à travers tous ses bureaux des wilayas. Ainsi, les membres de cette association comptent aller à la rencontre des commerçants en vue de les sensibiliser sur l’obligation de séparer, sur les étalages, les viandes importées de celles produites localement, et aussi respecter les normes de conservation et de congélation, de façon à se conformer à la loi en vigueur. En ce sens, Naziha Djedaini, membre de l’APOCE, a fait savoir que 2/3 des cas d’intoxications collectives surviennent lors des grands rassemblements publics et les fêtes familiales. Ces cas d’intoxication augmentent avec l’arrivée du Ramadhan à cause de certaines pratiques commerciales où le souci du gain financier l’emporte sur la qualité du produit proposé à la consommation, le tout au détriment de la santé publique. Ella a révélé que l’APOCE compte lancer, durant le mois sacré, des sorties de sensibilisation en distribuant des dépliants sur l’obligation de respecter les normes d’hygiène et de santé dans la préparation des produits alimentaires et leur commercialisation. Elle a mis notamment en garde contre des pratiques d’arnaque dans les ventes des produits destinés à la consommation et non labélisés. Elle a cité, notamment, les boissons traditionnelles concoctées à base du citron, et connues sous le nom de «cherbat», qui s’avèrent «très dangereux» en raison des problèmes digestifs qu’elles pourraient causer au consommateur. Car, contenant de l’acide citrique et de l’eau de qualité douteuse, a prévenu l’APOCE. Abordant le langage des chiffres, Zebdi estime que les 6 000 cas d’intoxication relevés par le ministère du Commerce pour l’année 2016, sont loin de la réalité, car «des médecins ne déclarent pas tous les cas d’intoxication qui leur parviennent». Dans un autre sillage, Zebdi a révélé, qu’après le mois de Ramadhan, son association lancera une campagne de lutte contre la spéculation et cela en visant la fibre très sensible des spéculateurs ; «les chambres froides et dépôts de stockage non déclarés» entendre. Il s’agira par cette campagne de dénicher ces endroits, «souvent tenus secrets» et les étaler à travers les réseaux sociaux, pour les porter à la connaissance des citoyens et des autorités publiques.
Hamid Mecheri