Institut Pasteur

Polémique sur la grippe porcine : Des rumeurs démenties sur fond d’inquiétudes

Après les dernières rumeurs colportées en Algérie à propos d’une prétendue apparition de quelques cas de la grippe porcine, les autorités sanitaires ont très vite démenti ces informations en assurant qu’elles sont dénuées de tout fondement.
En cette période propice à la propagation de la grippe, les rumeurs quant à la détection de cas de grippe porcine (H1N1) en Algérie se sont propagées comme une trainée de poudre au sein de la population. En effet, depuis que des chaînes de télévision privées ont annoncé le décès d’une parturiente âgée de 33 ans au niveau du CHU de Kouba, par la grippe porcine, les autorités sanitaires ne cessent de démentir l’information et de rassurer les citoyens. Non, l’Algérie n’a pas été touchée par cette maladie et tous les cas de contamination évoqués par la presse nationale ne relèvent que de l’intox. De ce fait, le ministère de la Santé ainsi que le l’Institut Pasteur d’Algérie affirment qu’aucun cas de grippe porcine n’a été enregistré dans le pays. Selon le directeur général de la prévention au ministre de la Santé de la Population et de la Réforme hospitalière, Djamel Fourar, qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse portant sur la grippe saisonnière « les informations faisant état de la présence en Algérie de cas de grippe porcine sont infondées dans la mesure où tous les cas diagnostiqués au niveau du laboratoire de référence de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) sont des cas de grippe saisonnière». «En Algérie il n’existe aucun cas de grippe porcine et le ministère de la Santé a honnêteté de ne pas cacher des choses quand elles surviennent. Je peux vous assurer que nous n’avons enregistré que des cas de grippe saisonnière » a encore rassuré le DG de la prévention au ministère. Voulant rassurer l’opinion publique davantage, Fourar a précisé que les deux cas de décès déplorés sont dus à des complications de la grippe saisonnière et souffraient de pneumonie. Pour ce qui est des efforts consentis en vue de faire face à la grippe saisonnière, le même responsable a fait savoir que 2,5 millions de doses de vaccin ont été importées, dont 1,3 millions ont été affectées aux structures sanitaires de base où les populations vulnérables ont été vaccinées, précisant qu’à ce jour il y a eu 82% d’utilisation des vaccins et il existe encore des vaccins au niveau des différentes structures de santé. Soulignant que ce vaccin est administré gratuitement pour les sujets âgés de plus de 65 ans et qu’il est également remboursable, Fourar a précisé que la campagne de vaccination est prolongée jusqu’au mois de mars 2018. Il a ajouté que parallèlement à cette campagne, le ministère a réactivé le dispositif de prise en charge des cas compliqués et à ce titre, toutes les structures ont été instruites à l’effet de prendre en charge des cas de grippe compliquée, précisant que les services de santé demeurent en alerte.
Selon le responsable, la grippe qui est une maladie bénigne est aussi mortelle quand elle atteint des personnes fragiles, relevant que 3 à 5 millions de cas graves sont enregistrés chaque année de par le monde avec le décès de 300 000 à 500 000 personnes. Pour sa part, Dr Fouzi Derrar, virologue à l’IPA a rappelé l’importance de la vaccination pour les personnes à risque, notamment durant la période des pics de la circulation virale (janvier-février) qui peuvent être à l’origine de cas sévères (grippe compliquée). En plus du vaccin qui est recommandé, il a mis l’accent sur les mesures préventives à savoir, se laver fréquemment les mains au savon, limiter les contacts avec les personnes malades et utiliser un mouchoir jetable pour les éternuements. Pour rappel, des médias sont allés jusqu’à affirmer la présence de 35 cas de grippe porcine en Algérie, citant comme source l’Institut Pasteur, ce qui avait créé la panique. Dans tout les cas de figure, saisonnière ou porcine, l’épidémie de grippe qui sévit actuellement dans le pays a fait d’ores et déjà deux décès ce qui impose davantage de vigilance de la part des citoyens !
Lamia Boufassa