Divorce

Plus de 68 000 couples séparés 2017 : A-t-on mesuré l’ampleur du phénomène ?

La séparation du couple reste, dans tous les cas, un moment difficile pour les familles. Chaque année, le divorce en Algérie monte en puissance et fragilise la cellule familiale. À cela, s’ajoutent les répercussions dramatiques sur le développement de la progéniture. Car, les enfants subissent de plein fouet la séparation de leurs parents, et arrivent rarement à s’en sortir indemnes. Pour l’année 2017, plus de 68 000 cas de divorces ont été enregistrés. Alors que ce nombre terrifiant atteint la côte d’alerte, l’alibi qui justifie les cas de séparation conjugale est souvent lié à des raisons farfelues et au manque de maturité des nouveaux couples. Du coup, la durée de l’union nuptiale va de plus en plus à la baisse. Depuis 5 ans, les tribunaux enregistrent une moyenne annuelle de près de 60 000 cas de divorce. Rien que durant l’année écoulée, plus de 68 000 cas de divorces ont été prononcés contre 349 544 mariages. C’est du moins le dernier bilan en date présenté par le ministre de la Justice Tayeb Louh. En effet, le ministre a indiqué que  « 68 284 cas de divorces ont été enregistrés en 2017 soit une moyenne de 187 dissolutions des liens du mariage quotidiennement contre 349 544 mariages», soit 19,54%, soulignant que ce taux est «faible» par rapport aux pays arabes et européens. D’autre part, il a affirmé que  «80% des mariages ne dépassent pas le seuil de trois mois avant que les couples ne décident d’aller se séparer devant le juge. Des chiffres effarants d’autant plus que ce sont surtout les enfants qui subissent les dommages collatéraux de ce phénomène de la société.» En conséquence, il convient d’observer à la lumière des chiffres communiqués que ce phénomène va crescendo. D’ailleurs, depuis cinq ans, le nombre des ruptures de couples enregistrés annuellement par les services de l’état-civil avoisinent 60 602 cas. De ce fait, il est plus que jamais nécessaire de se pencher sur ce phénomène social au lieu de se contenter d’un satisfécit dès lors que l’Algérie est moins touchée que des pays arabes ou encore européens. Pour l’année 2016, il a été comptabilisé plus de 62 000 couples désunis contre près de 59 000 divorces en 2015. D’après les spécialistes, ils sont près de 200 000 enfants à être victimes de ces déchirements conjugaux, avec toutes les conséquences sociales et les répercussions psychologiques graves que pourraient en subir la progéniture. En tout état de cause, la séparation des couples affecte aussi bien la femme que l’homme, même si, dans notre société, c’est le premier sexe cité qui subit le plus le coup. Sur le plan psychologique, les personnes divorcées perdent la confiance, d’abord en soi-même, et puis en l’entourage familial direct ; dont les proches, voisins, amis… À s’interroger dès lors s’il existe dans notre pays une stratégie sociale qui serait en mesure d’atténuer ce phénomène ou mieux le prévenir.
Mohamed Wali