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Plus de 60 % de électorat n’a pas voté : L’abstention a tenu sa promesse !

Après l’annonce des résultats préliminaires du scrutin législatif, hier, donnant un taux de participation de 38,25%, soit inférieur à celui enregistré en 2012, lequel était de 43,14%, l’incapacité des acteurs politiques à présenter une offre politique à même d’intéresser les électeurs, notamment les jeunes, s’avère vraie. Même si nul n’ignore l’absence d’engouement des électeurs pour les législatives, à l’inverse pour les présidentielles et les locales, qui les intéressent de près.
La hantise de l’abstention du scrutin législatif semble avoir la peau dure, pour être encore au rendez-vous, après les cinq futures années du mandat de la nouvelle Assemblée populaire nationale, qui vient de se dégager au terme du scrutin, tenu jeudi passé. Après une campagne électorale, qui a vu l’ensemble de ses acteurs ne cessant d’appeler les électeurs à «aller voter massivement», chacun avec son argumentaire pour convaincre, les résultats annoncés, par le ministre Bedoui hier, font ressortir un recul de 4,89%, du taux de participation à ce scrutin, par rapport au scrutin de mai 2012.
Alors que des acteurs politiques et des responsables de parti affichaient une certaine prudence de voir le taux de participation des électeurs, à ce scrutin législatif, enregistrer un saut par rapport à son précédent, ce ne fut pas le cas pour d’autres, allant jusqu’à espérer, dans leur déclarations, de voir ce taux dépasser, de très loin, la barre des 43,14%, enregistrée, il y a cinq ans.
Pis, même le jour “J” du déroulement de l’opération de vote, à travers le territoire national, le patron de l’ex-parti unique, le Front de libération nationale (FLN) a continué à afficher son optimisme de voir un taux de participation dépassant les 43,14%, après la fermeture des bureaux de vote.
Affirmant qu’il sera, en effet, question de 50% de taux de participation, les prévisions du SG du FLN ont été très loin des résultats, donnant 38,25% le taux de participation, soit moins de 11,75% de ce qu’a espéré Djamel Ould-Abbès.
Son rival, par contre, lors de cette course électorale pour l’élection des parlementaires, le patron du Rassemblement national démocratique (RND), n’a pas été loin dans ses prévisions quant au taux de participation. Indiquant, dans ses déclarations jeudi dernier, qu’il s’attendait à voir, un taux de 40% de participation au scrutin du 4 mai, avant d’indiquer que «c’est un taux acceptable», Ahmed Ouyahia n’a pas été loin dans ses prévisions, dépassant, seulement, de 1,75% le taux de participation, annoncé par le ministère de l’Intérieur, du scrutin législatif, le premier qui se tient dans le cadre de la nouvelle Constitution.
En fin d’après-midi du jour du scrutin, la tendance de voir un taux de participation, en dessous de celui atteint en 2012, s’est dégageait, notamment après s’être établi à 33,53, à 17h, comme l’a annoncé le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, en baisse par rapport à celui enregistré, à cette même heure, en mai 2012, qui était à 33,97%.
La journée de jeudi, notamment à Alger, n’a pas été exceptionnelle, par rapport à celle qui a vu, il y a cinq ans, l’opération de vote pour le renouvellement des membres de l’Assemblée populaire nationale qui vient d’achever son mandat.
Les appels des responsables politiques et des candidats, parmi ceux ayant un ou plusieurs mandats à leur actif, ou d’autres ayant participé pour la première fois aux législativess, n’ont pas réussi à motiver les électeurs algérois à aller aux bureaux de vote.
Alors que la journée de jeudi s’achevait, puis place au dépouillement des urnes, les candidats de la Capitale, à l’instar les autres wilayas du pays, notamment pour les plus importantes formations politiques, le RND et FLN en l’occurrence, le premier affichait son optimisme de se voir marquer une avancée notable en nombre de sièges, au sein de la future Assemblée parlementaire, car convaincu d’avoir mené une «bonne» campagne électorale, et à la «hauteur des efforts consentis» lors de son marathon électoral, pour les candidats de sa formation politique. Une cadence qui va se maintenir, en prévision des élections locales, prévue fin 2017, selon Abdelkrim Mehnni, un des candidats de la liste de Saddik Chiheb du RND au niveau d’Alger, dans ses déclarations aux médias. Hier, après la collecte des résultats préliminaires du scrutin du 4 mai auprès de ses structures locales, le RND relève, dans son communiqué, avec satisfaction une progression du nombre des députés qui siègeront, au sein du futur Parlement, dépassant de très loin les 68 députés de l’ex-Assemblée. «Le RND s’engage à mobiliser ses députés au service de la mise en œuvre du programme de Son Excellence, le Président Abdelaziz Bouteflika», ainsi que la concrétisation, poursuit Ahmed Ouyahia, «de son propre programme présenté durant la récente campagne électorale» du RND.
Quant au Mouvement populaire algérien (MPA), d’Amara Benyounès, après avoir déclaré, le jour du vote, que «le dernier mot revient au peuple», ses cadres et militants au niveau d’Alger, notamment ses candidats, à leur tête Idir Benyounès, exprimaient leur satisfaction de voir le déroulement de l’opération de vote «dans de bonnes conditions», outre l’optimisme d’enregistrer de «bons résultats» lors de cette élection.
Karima Bennour