Population

Planning familial en Algérie : Halte au baby-boom !

Selon l’Office national des statistiques (ONS), la population algérienne est estimée à 41,7 millions d’habitants à fin juin 2017. Cette croissance démographique accélérée est due notamment à l’amélioration des conditions de vie et la gratuité de l’école et des soins de la santé. Mais, ce n’est pas tout. Les spécialistes de la Santé publique soulignent un autre facteur avéré important ; l’augmentation du nombre des mariages, comparativement aux années précédentes avec des jeunes mariées qui sont de plus en plus nombreuses à opter pour la procréation dès les premières années de leur mariage. En termes plus clairs, les spécialistes mettent en garde contre un réel « Baby-boom » de fait d’une croissance inquiétante des nouveaux nés. 887 870 naissances vivantes ont été enregistrées pour l’année 2016. Avec des perspectives d’atteindre 50 millions d’habitants à l’horizon 2030, les spécialistes soulignent l’importance de la planification familiale et l’espacement des naissances pour maitriser la population et permettre une meilleure santé pour la femme. L’autonomisation des femmes et lui donner accès à une planification familiale volontaire a constitué hier l’objet d’un débat qui a regroupé un nombre de spécialistes en santé publique suite à une journée d’études organisée pour célébrer la journée mondiale de la santé (11 juillet de chaque année). Sous le thème : « planification familiale, donné à la population la capacité d’agir, contribué au développement des pays », les organisateurs ont plaidé, hier, à l’établissement de la santé public de Rouïba, pour l’accès des femmes aux moyens et méthodes contraceptifs sans danger. En effet, le recours des femmes pour les méthodes contraceptives pour empêcher une grossesse reste faible que se soit pour les femmes issues des milieux urbains ou ruraux. Pour le docteur Nimour, 973 383 femmes seulement à Alger ont sollicité les établissements de santé publique pour interrompre une grossesse pour divers raisons : risques sur la santé de la mère, risque de malformation pour les nouveaux nés, femmes victimes d’un viol. La moyenne d’âge des femmes qui recourt à ces méthodes est de 30 à 36 ans, une tranche qui n’a pas changé durant des années. Le recours aux méthodes de contraception est même en recul par rapport à 2012. Pour cette spécialiste de la santé publique, ce faible taux d’affluence des femmes pour ces méthodes est dû à un manque de conscience et d’éducation sanitaire et sexuelle. En outre, au niveau établissements de santé et des PMI (établissement pour la protection maternelle et de l’enfant), il est enregistré un manque en produits pharmaceutiques (stériles et pilules) à visée contraceptive qui sont distribués gratuitement aux femmes demandeuses après consultation de médecin.
Pour l’année dernière, seulement 6 millions en différentes marques de ces produits ont été fournis au différents établissements de santé par la pharmacie centrale. Mais cette faible affluence s’explique aussi, selon le docteur Nimour, par le comportement des femmes qui préfèrent acheter différents marques en produits pharmaceutiques contraceptifs de leurs choix en basant notamment sur les pilules, présumé de moindres effets secondaires sur la santé de la mère. Pour sa part, le professeur Cherouati Attrous a mis en exergue le rôle consultatif et de donneurs de conseils que doit tenir le médecin lorsqu’il délivre le certificat prénuptial aux nouveaux mariés. Expliquer les maladies qui déconseillent ce mariage, éviter le tabac et l’alcool et aussi faire connaître les méthodes saines de contraception aux nouveaux couples en cas de danger sur la santé de la mère. Même si le certificat prénuptial est délivré pour un premier objectif d’éviter les mariages consanguins, les spécialistes appellent à élargir son champs d’action. Autre problème, le médecin est obligé de délivrer le certificat prénuptial dans tout les cas même en remarquant que l’un des conjoints est atteint d’une maladie qui l’empêche de se marier. Un vide juridique est pointé de ce fait par les spécialistes, car dans la plupart des cas les nouveaux couples refusent d’écoûter l’avis du médecin quand il est défavorable à leurs mariages. Un autre problème, le médecin ne peut même pas faire venir l’autre conjoint ou révéler la maladie de la personne malade à l’autre sous prétexte de se trouver exposer au risque de divulgation de secret médical. Par ailleurs, le professeur Amar Abderrahmane, ancien journaliste et enseignant à l’université de journalisme (Alger 3), a attiré l’attention sur le fait que malgré le nombre assez élevé des chaines TV, la production de programmes s’occupant de la santé urbaine reste aussi très maigre.
Hamid Mecheri