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Pas facile de convaincre avec un parti en manque de représentativité : Benflis à l’épreuve du terrain

À deux encablures des élections locales du 23 novembre, le parti d’Ali Benflis, Talaie El Houriat, se trouve face à des difficultés plus grandes que celles de tous les autres partis réunis. Lorsque Abdelaziz Bouteflika a convoqué les élections locales pour le 23 novembre prochain, tous les observateurs de la scène politique avaient parié sur un nouveau boycott de Benflis, comme il l’a fait pour les législatives du 4 mai. Et tout le monde a été pris à contre-pied. Benflis a préféré défier tout le monde et se présenter devant les électeurs. En fait, ce sera le baptême du feu pour Talaie El Houriat. Benflis, qui fête ses deux années d’existence à la tête de son parti, va jouer à quitte ou double. Soit il fait un score honorable et s’en sort la tête haute, soit il est laminé et s’en sort écrasé dans une joute qu’il a cherché à défier malgré des pronostics contraires. Il s’agit d’abord d’un nom sans parti. C’est-à-dire d’un chef, Ali Benflis, qui est là, connu, présent dans l’opposition, depuis qu’il a quitté le gouvernement, mais son parti est en sous-visibilité chronique. Mis à part deux ou trois individualités de son staff directeur, les autres ne sont pas connus. En conséquence, la jeune formation passe inconnue dans les quartiers populaires et les grandes agglomérations urbaines, au moment ou les partis islamistes s’y incrustent de manière forte, et où les deux partis au pouvoir, le FLN et le RND, sont devenus des machines rodées et redoutables. La décision de prendre part aux élections locales a été prise lors d’une réunion du comité central du parti samedi 26 août. Elle vaut ce qu’elle vaut, mais Benflis devra prouver la justesse de son choix. Car, comme on l’a dit, il y a quitte ou double dans ce choix. Si le parti de Benflis est laminé après ces élections, s’il s’en sortira amoindri, abattu et écrasé, il mettra du temps à se relever de sa défaite. Ces élections locales sont importantes, car elles préfigurent 2019, année cruciale pour tous les partis politiques. Elles vont permettre de renouveler 1 541 assemblées populaires communales et 48 assemblées populaires de wilayas. Le FLN contrôle actuellement la majorité des assemblées élues locales. Le RND le talonne de près, puis les islamistes qui donnent l’impression de revenir en force, se posent en champions du jeu électoral dans les prochaines élections. C’est dire que la marge de manœuvre sera très réduite pour Benflis et le parti Talaie El Houriat.
F.O.