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Partenariat stratégique algéro-français : Macron fera-t-il mieux que Hollande ?

La victoire du leader du mouvement «En marche !», Emmanuel Macron, à la présidentielle française du 7 mai dernier, face à la candidate du parti de l’extrême droite, Marine Le Pen, a suscité une vague de satisfaction dans plusieurs pays du monde ; à commencer par les proches alliés et partenaires de la France.
Même la Corée du Nord, ennemi juré de l’Occident et qui s’exprime rarement sur les événements qui meuvent le monde, figure sur la liste des pays ayant félicité le successeur de François Hollande. L’Algérie, considérée comme partenaire stratégique de la France en Afrique, voit d’un bon œil l’élection d’Emmanuel Macron à la tête de la République française. Cette vision a été clairement exprimée dans le message de félicitations du président Bouteflika adressé au nouveau locataire du Palais de l’Elysée au lendemain de sa victoire face à Marine Le Pen. Le chef de l’état voit en Macron «un ami de l’Algérie». «Alors que, dans les importantes fonctions ministérielles que vous avez assumées, vous apportiez une contribution significative à l’édification du partenariat d’exception entre l’Algérie et la France que votre éminent prédécesseur et moi-même avons ambitionné comme grand dessein commun pour nos deux peuples, chacun a pu prendre toute la mesure de la foi et de la créativité que vous investissiez dans une œuvre que vous saviez relever de la cohérence de l’Histoire», lit-on dans le message du Président. Dans le sillage de l’édification de ce «partenariat stratégique» entre la France et l’Algérie, le quotidien français Le Monde a consacré, dans son édition de jeudi, un article dans lequel il a décortiqué la relation entre les deux pays sous l’impulsion du successeur de François Hollande. Sous forme d’interrogation, le quotidien français a titré «Avec Emmanuel Macron, un nouveau chapitre de la relation franco-algérienne ?». Le journal de l’hexagone a rappelé les efforts consentis par les chefs d’Etats Bouteflika et Hollande allant dans le sens de bâtir un partenariat stratégique entre les deux pays. Toutefois, «cinq ans après, ces relations bilatérales patinent et ne semblent pas avoir, concrètement, été à la hauteur de ce que beaucoup espéraient», écrit Le Monde dans son article consacré au partenariat algéro-français. Cet état de fait s’est illustré par la baisse des investissements français en Algérie. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal avait exprimé son mécontentement d’une telle situation, qualifiant «d’inquiétante» la baisse des investissements français au pays, lors d’une conférence de presse animée conjointement, le 6 avril écoulé à Alger, avec son homologue français, Bernard Cazeneuve.
«L’élection à la présidence de la République française d’Emmanuel Macron, pourrait ouvrir une nouvelle ère. Une ère plus que jamais nécessaire», ajoute Le Monde dans son article. Le quotidien a rappelé la place de l’Algérie dans le continent et ce qu’offre ce le plus grand pays d’Afrique comme opportunités aux entreprises françaises dans divers secteurs. Le Monde en veut pour exemple à ce recul l’absence des entreprises françaises d’un «appel d’offres géant dans la pétrochimie algérienne». «L’Algérie offre de nombreuses opportunités pour la France. Ce pays, le plus grand d’Afrique, doté de ressources minières conséquentes et d’importantes réserves en hydrocarbures, a décidé d’investir dans un programme d’énergies renouvelables avec un objectif ambitieux de 4 gigawatts à l’horizon 2020. Face à la baisse des recettes d’hydrocarbures, le gouvernement s’est engagé dans un programme de diversification économique axé sur l’agriculture, l’industrie manufacturière et le tourisme, ainsi que sur l’économie numérique, qui bénéficie d’infrastructures de télécommunications parmi les plus performantes en Afrique (4G généralisée, fibre optique)», lit-on encore dans l’article du Monde.
Hacène Nait Amara