Céréalier

Partenaria OAIC-Blumberg Grain pour le stockage céréalier : Le projet tarde à venir

La prochaine campagne céréalière s’annonce «prometteuse» si l’on en croit la déclaration, faite début mars 2017, par un haut responsable du ministère de l’Agriculture, lors d’un séminaire technique de sensibilisation sur l’impact positif du désherbage sur l’augmentation des rendements céréaliers en Algérie, rapportée par l’APS.

Sous réserves d’avoir une bonne pluviométrie début avril, période très sensible physiologiquement pour la plante, car correspondant à la formation du grain, ces déclarations optimistes risquent de se voir concrétisées notamment pour les régions centre et ouest du pays, à l’inverse de la campagne écoulée où l’on avait assisté à une super production à l’Est et quasiment aucune récolte à l’Ouest du pays. Cette dernière situation avait alors engendré des problèmes importants de stockage, où il a fallu encore une fois utiliser les moyens de bord (terrains en plein air, vieux hangars inadaptés…), pour tenter de limiter les dégâts dus aux fortes pertes, causés par différents aléas (pluviométrie, rongeurs, oiseaux…) liés à ces infrastructures pour le moins inadaptées. C’est ainsi que les mêmes causes entraînant les mêmes effets, la prochaine campagne qui s’annonce abondante risque de pâtir également d’une pénurie encore plus aiguë en infrastructures de stockage, et ce, malheureusement sur quasiment l’ensemble des wilayas céréalières. Afin de pallier quelque peu à ces difficultés de stockage de ce produit, ô combien stratégique !, les pouvoirs publics avaient initié pour réduire cette insuffisance quantitative et qualitative de nos capacités de stockage, un projet de moyenne envergure (1 million de tonnes ramené pour des restrictions budgétaires à une 1re phase de 500 000 tonnes) devait être réalisé pour le compte de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) par une société américaine “Blumberg Grain”. Ce projet destiné exclusivement à la prise en charge de la collecte et du stockage de la production nationale (dont les paliers de production s’améliorent malgré une production interannuelle en dents de scie). En tout état de cause, il est important de signaler que les quantités de céréales collectées ont fortement augmenté ces dernières années, et vont crescendo a fortiori quand le ministère de l’Agriculture annonce l’arrêt des importations de blé dur en 2018-2019, lesquelles importations seront, d’après les mêmes responsables, substituées par la production nationale. Le projet prometteur de “Blumberg Grain” devait être réalisé dans des délais très courts (22 mois) afin de prendre en charge à partir de la campagne 2017-2018, une partie du déficit en capacités de stockage signalé plus haut. Le projet comptait dans une 1re phase un réseau de 100 unités de stockage modernes réparties à travers les wilayas céréalières retenues par les pouvoirs publics, notamment celles accusant les plus grands déficits. Ces unités utilisant les dernières technologies en la matière devraient être connectées à un centre de contrôle, de commande et logistique permettant un management distant de ce réseau à travers ses différents paramètres physiques, économiques et sécuritaires. C’est ainsi que ce projet, dont plusieurs titres de la presse écrite, électronique et audiovisuelle avaient évoqué le lancement imminent, en septembre 2016, n’a à ce jour pas connu de début d’exécution malgré l’urgence à prendre en charge la production céréalière nationale a laquelle les pouvoirs publics ne ménagent aucun effort en matière de soutien technique et financier aux itinéraires techniques comme rapporté plus haut, mais également en matière d’octroi de crédits bancaires non rémunérés (crédit R’fig) et du soutien important des prix de la production collectée. En conclusion, il apparaît urgent que les efforts financiers importants octroyés, ces dernières années, par les pouvoirs publics aux agriculteurs, y compris en période de crise, ne restent pas vains par des problèmes d’insuffisance et de de mauvaises qualités des conditions de stockage. La promotion de la production nationale pour les céréales d’abord, car c’est un produit très sensible pour la sécurité alimentaire de nos populations, mais aussi plus largement pour toute la production végétale et animale passe par la mise en place d’infrastructures de stockage modernes et aux normes internationales, afin d’implémenter progressivement nos exportations hors hydrocarbures.
Hacène Nait Amara