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Par crainte d’un remake du scénario 2016 : Un Bac 2017 sous haute sécurité

Redonner au baccalauréat algérien ses lettres de noblesse et préserver sa crédibilité, tel est l’objectif de la ministre de l’éducation nationale, Nouria Benghebrit qui semble déterminée à éviter le scénario de fuite des sujets qui a fait scandale en 2016. La ministre ne lésine pas sur les moyens pour assurer la sécurisation des examens.
De la conception des sujets jusqu’à leur impression et puis leur transport, le ministère ne laisse rien au hasard et affirme que toutes les mesures ont été prises pour assurer le bon déroulement de cet examen crucial. Ainsi, le directeur des études au ministère de l’éducation nationale, Mouloud Boulsane, a affirmé hier que toutes les mesures ont été prises pour assurer la sécurisation de l’examen du baccalauréat 2017 et éviter les problèmes ayant entaché l’examen l’année dernière.
Pour la session 2017, «des améliorations ont été apportées pour assurer la sécurisation de l’examen du baccalauréat, à commencer par la sécurisation de tous les centres d’impression des sujets par une commission intersectorielle, outre l’installation de caméras de surveillance au niveau des secrétariats des centres de déroulement de l’examen et des directions de l’éducation à travers le territoire national, ainsi que les centres d’impression et la protection des sujets», a indiqué Boulsane, qui était l’invité de la Radio algérienne. Cependant, interrogé sur la possibilité d’installer des appareils de brouillage au niveau des centres d’examen, le même responsable a catégoriquement écarté la proposition. D’ailleurs, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, avait souligné récemment que la question de la sécurisation des examens, notamment le baccalauréat, avait fait l’objet d’un intérêt particulier du gouvernement, conformément à un plan adopté par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, outre le réaménagement du siège régional de l’Office national des examens et concours (ONEC) à Alger et la réduction des centres d’examen où sont gardés les sujets des épreuves. Pour rappel, la session du baccalauréat 2016 a été éclaboussée par la fuite des sujets via les réseaux sociaux, ce qui a conduit à l’organisation d’une seconde session partielle de l’examen.
De ce fait, à l’approche de l’examen crucial pour cette année 2017, l’appréhension des uns et des autres, quant au déroulement de celui-ci, se fait davantage ressentir. En effet, tous s’interrogent : “Est-ce que les mesures rigoureuses prises contre la fraude garantiront un bac sans fuite de sujets ou autres incidents? Le recours à des coupures d’Internet sera-t-il envisageable? Il faut dire que des fuites des sujets sur les réseaux sociaux avaient engendré à l’époque une grande confusion au sein de tout l’exécutif, suscitant par ailleurs une vague d’indignation au sein de la société. Le gouvernement avait même recouru à des coupures de l’internet afin d’éviter toute fraude. Cette mesure «radicale» sera-t-elle adoptée encore cette année ? Surtout que celle-ci avait suscité l’indignation parmi les usagers de la toile, ainsi coupés du réseau internet, alors que l’opération n’a pas atteint l’objectif escompté. En effet, à l’époque, les jeunes ont rapidement su trouver des parades, notamment en téléchargeant des VPN (Virtual Private Network), des systèmes permettant de créer un lien direct entre des ordinateurs distants et de se connecter via une adresse IP située à l’étranger. En d’autres termes, la coupure de l’Internet n’a pas eu les objectifs escomptés, vu que les citoyens ont vite trouvé le moyen de se connecter via d’autres serveurs. Ainsi, le risque plane toujours, ce qui pousse le ministère à redoubler d’efforts. Enfin, il est à rappeler que l’examen du baccalauréat aura lieu du 11 et 14 juin prochain. Plus de 700 000 élèves se préparent pour passer cet examen qui leur permettra de décrocher le ticket d’accès au monde universitaire.
Lamia Boufassa