pub
     
L'edition du jour
la capitale
 
Services
 
Nos Publications
 
 
 
Régions
KOLÉA
Un grand bazar

 Parler de la ville de Koléa, c’est tout d’abord évoquer son commerce, multiple, en plein essor, ces dernières années. Que ce soit l’ancien marché ou celui de la nouvelle ville, où des revendeurs de meubles sont installés côte à côte tout le long de l’autoroute, ou encore sur la route d’Oran, lieu de rendez-vous des femmes, où l’on trouve diverses boutiques mais aussi des étals dont les propriétaires « jouent au chat et à la souris » avec les autorités, ou bien le désormais célèbre « souk el mexique », qui se tient quotidiennement depuis un certain nombre d’années, alors qu’auparavant il était hebdomadaire, qui draine un nombre considérable de visiteurs issus des couches moyennes et d’acheteurs à la recherche d’une bonne affaire.

Al’entrée du marché, il y a le siège d’Algérie Poste, une nouvelle annexe, qui vient s’ajouter à la première annexe postale, située au niveau du quartier de Kerkouba et dont la construction s’est avérée nécessaire vu que le nombre d’habitants à Koléa s’est multiplié considérablement. Actuellement, l’on peut aisément parler de cent mille habitants. Le nombre d’infrastructures adéquates s’est donc posé de manière cruciale. Le même problème est posé par quelques citoyens concernant le bureau de l’état civil, complètement refait à neuf. Sid Ali, un Koléacéen dont la famille est installée dans la ville depuis de nombreuses générations, nous apostrophe avec cette phrase : « Ecris qu’au niveau de l’état civil, nous n’en pouvons plus de la bureaucratie. Je suis allé me faire délivrer un extrait d’acte de naissance mais à voir la file d’attente qui s’est formée devant les guichets cela m’a dissuadé… Que font les responsables ?». En fait, lors de certaines périodes, comme lors de la rentrée des classes ou le recensement pour le service national, il faut faire des pieds et des mains pour arracher un papier administratif mais ceci ne concerne pas uniquement la ville de Koléa. «Il s’agit d’un problème national que cette bureaucratie et le manque de civisme », explique âmi Belkacem le taxi. Pour désengorger les services publics, les autorités locales ont déjà procédé à l’ouverture d’une annexe de l’état civil au quartier de Saint Maurice, et une autre à Kerkouba, un quartier qui s’est agrandi avec la construction de nouvelles cités et qui a pris rapidement de l’ampleur avec la prolifération de boutiques, taxiphones, pharmacies, magasins d’alimentation générale, boulangeries, douches publiques, cafés, cybercafés, et bien d’autres commerces encore.

« L’Etat est en train de tuer l’artisanat ! »
Koléa, c’est aussi, cependant et surtout, le nombre impressionnant, que disje, le florilège d’ateliers de menuiserie qui ont pignon sur rue à Benazzouz, célèbre quartier populaire de la ville des nèfles, une sorte de casbah. Le métier de menuisier est peut-être celui qui caractérise la ville de Sid Ali Mebarek, saint patron de la ville. Il se transmet généralement de père en fils. Un métier florissant. Les meubles fabriqués ici sont commercialisés sur tout le territoire national. Les retombées de cette activité font vivre des milliers de familles, à Koléa comme ailleurs. Cependant, les employés ne sont pas à l’abri d’un licenciement pour cause de cessation d’activité, vu la concurrence, rude, il faut le noter, induite par l’importation de meubles de l’étranger. Ahmed, un natif de la ville, ingénieur en hydraulique, explique la situation : « Actuellement, par souci de qualité, les clients recherchent la finition alors qu’auparavant ils n’étaient pas exigeants. De plus, les produits d’importation coûtent moins chers que ceux fabriqués localement ». Pour ce qui est de la fermeture d’ateliers, Ahmed dit qu’ « il y a des employés qui quittent leur poste pour s’installer à leur compte et, de ce fait, impliquent une importante concurrence». Fayçal, un artisan, donne un autre avis. Il trouve que « l’Etat est en train de tuer l’artisanat en Algérie d’une manière générale en autorisant l’importation». « D’ici quelques années, ce seront des dizaines ateliers qui vont disparaître», présage-t-il. Maintenant, pour tout ce qui a trait à l’électroménager, des boutiques offrant une gamme variée : paraboles, démo, fours électriques, téléviseurs, réfrigérateurs, lecteurs DVD, etc. ont ouvert leurs portes à Koléa. Ces boutiques, pas toutes évidemment, propose l’achat par facilités mais parfois il faut connaître le gérant personnellement. « Même à l’heure actuelle, les relations personnelles tiennent la dragée haute devant les relations purement commerciales », note Hacène, un libraire. Côté librairies, par la même occasion, il n’y pas de quoi renâcler. La plus fréquentée est celle de Saléha : un grand espace situé devant le CEM Nouveau, juste en bas des bureaux de la Cadastre, et qui offre tout ce que vous voulez comme fournitures scolaires, de bureautique et livres pour tous les goûts.

Ces immeubles modernes qui font grincer des dents…
Que dire de la structure « physique » de Koléa ? Evoquer le quartier Souidani Boudjemaâ ou celui dit de Kerkouba, du nom du Chahid Ali Kerkouba, tombé au champ d’honneur pendant la guerre de Libération nationale, ou encore le dernier né, le lot des logements AADL, -quartier situé juste un peu plus haut que la Cité des 350 Logements-, logements qui ont fait grincer des dents et qui n’ont été distribués que grâce à une entente qui a eu lieu entre les contestataires et les responsables de l’AADL. C’est vrai que tout ne fut pas rose pour les souscripteurs AADL et qu’ils se sont plaints par la suite des énormes charges qui sont les leurs au sujet justement du ménage, de l’entretien des escaliers et de l’ascenseur tant il est vrai que l’on a entendu d’aucuns se plaindre « certaines vieilles dames qui ne peuvent accéder à leurs « brus » et filles qui, cela soit dit en passant, sont logés à des étages impossibles », mais comme l’on peut faire monter réfrigérateur, cuisinière jusqu’au dernier étage, l’on peut, nous estimons, aisément lever cet écueil, quitte à descendre accueillir son invitée chez la dame du premier palier. Côté transports, il n’existe plus que deux aires de stationnement à Koléa pour les taxis. La première située en face du Café des Sports, « haut lieu de commérage et d’affaires », comme le disait Zoheir, un jeune chômeur, et près du Jardin de la réconciliation nationale, toujours fermé, et une deuxième station située devant l’école Ibn Badis et le Carré des Martyrs. La gare routière, sise route d’Alger quant à elle, assure toutes les différentes destinations. La deuxième gare est située au niveau de la Route de Blida. Il faut dire qu’il n’y a plus grand problème côté transport sauf les impondérables attentes. Mais il y a un fait général concernant la circulation routière : trop d’encombrement lors des périodes de pointe. Heureusement qu’il y a une déviation qui passe directement de la route d’Alger vers la nouvelle ville. Le reste est une affaire d’habitude et de civisme. Il y a aussi un certain lieu construit à Koléa. Il est resté des années sans architecture idoine avant que l’on ait réfléchi à bâtir un site historique: c’est l’Arc de Triomphe, le 19 mars, journée du Moudjahid. Actuellement, les autorités locales de la ville de Koléa ont lancé la construction d'un édifice à la mémoire de la glorieuse Révolution de novembre 54. Koléa est-elle restée une région à vocation agricole. On a parlé une fois du manque de terrains à bâtir. A ce propos, l’on a évoqué avant cela et même récemment des terres agricoles qui vont perdre leur vocation initiale.Tout indique cependant qu’elle peut le redevenir, même si la zone industrielle d’El Oued (quartier Souidani Boudjemaâ) où l’on voit des usines ouvrir et d’autres fermer, sont là pour faire travailler les habitants, à un degré bien moindre par rapport à la menuiserie.

Un lycée, sept mosquées
Sur un autre plan, il y a un siège qui tarde à trouver preneur, l’ex-siège de Souk El Fellah, détruit lors des évènements d’Octobre 1988. Par contre, celui de l’Agriculture, sis Route de Fouka, est en train d’être reconstruit pour abriter la prochaine cour de justice. Koléa n’est pas avare en médecins et autres professions libérales comme les notaires, les avocats et les écrivains publics. Ceci ajouté à un centre de soin et un hôpital universitaire qui s’est doté d’une nouvelle devanture. De plus, concernant le secteur financier, presque toutes les grandes banques ont leur siège au niveau de la ville comme la BNA, la BADR, CNEP-Banque, le CPA, etc. Quant aux mosquées, il en existe sept à Koléa : mosquée Sid Ali Mebarek, saint patron de la ville, El Atiq, Daouadji, Omar Ibn Abdelaziz, Ben Azzouz, 350 logements et la Mosquée Okba Ibn Nafaâ. Concernant les infrastructures socioéducatives, il existe trois lycées, un centre de formation, 4 collèges et 8 écoles primaires. Une nouvelle maison de la culture est en train d’être érigée au niveau de la Route de Fouka. Elle viendra s’ajouter à la bibliothèque municipale et la Maison de jeunes. Un centre universitaire et un centre de formation pour les gardiens de prison seront bientôt ouverts dans la ville. Ils viendront s’ajouter au stade semiolympique qui fait la fierté des sportifs en particulier et des habitants en général. Koléa est devenue donc une ville commerçante par la force des choses. En fait, elle ne fait que suivre les mutations socioéconomiques qui ont soufflé sur le monde en général et l’Algérie en particulier en ce début du millénaire.

Djamel Mohammed
 
La Une

 

 

 
Copyright © 2007