Ouyahia

Ouyahia prend de la hauteur sur les partisans de l’article 102 : «Des désœuvrés politiques»

Reprenant sitôt la casquette de chef de parti lors de la réunion du bureau national du RND, l’occasion a été donnée à Ahmed Ouyahia de faire étalage de son opinion sur des questions brûlantes de l’actualité nationale.

Ne voulant pas laisser libre court à une polémique, certes naissante, mais dans l’impact s’avère un coup d’épée dans l’eau, le secrétaire général du RND a voulu surtout clarifier la position- du reste attendue du parti- sur l’appel des partisans de l’application de l’article 102 de la Constitution à l’encontre du président Bouteflika. Une polémique nourrie par tant de déclarations fallacieuses. Emboitant le pas aux présidents des deux chambres du Parlement national, Ouyahia a frappé d’une main de fer pour fustiger les adeptes d’une telle entreprise aventureuse, dès lors qu’elle vise «la destitution» du président de la République. Pour Ouyahia, qui s’est exprimé en marge de la réunion du BN sur le micro d’Ennahar TV, les partis de l’opposition sont des «farghines chghel !» (Désœuvrés politiques) ; et des aventuristes qui cherchent à plonger l’Algérie dans une spirale infernale, pour ainsi dire. «Ceux qui réclament l’application de l’article 102, premièrement, ils sont des gens «farghines chghel !». Deuxièmement, ils sont dans un réseau qui est au courant des problèmes financiers du pays et prédisent une situation très critique de son économie d’ici la fin de l’année», a-t-il lâché crument. Récusant le motif mis en avant par les «fauteurs de troubles», Ouyahia a tenu à rassurer les citoyens. «Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, exerce le plus normalement ses fonctions et suit de près les affaires du pays», a-t-il affirmé. Et d’ajouter : «En ce qui concerne les partisans de l’application de l’article 102, je considère que la meilleure réponse est connue, mercredi dernier, lorsque le président de la République a présidé un Conseil des ministres», a rappelé le chef du RND. À travers ses réponses, Ouyahia semblait prendre de la hauteur sur les partisans-aventuriers en qualifiant d’avantage leur appel de «rih fi barrema» (Une tempête dans un verre d’eau). Abordant la situation financière du pays, Ouyahia a souligné que les problèmes de financements «sont derrière nous à présent avec l’introduction d’une loi modifiant la loi sur la monnaie et le crédit», à travers notamment le recours au financement non-conventionnel. Là encore, la réponse du SG du RND renvoie au tableau noir dressé par les adeptes de l’article 102. Comme quoi, le gouvernement maîtrise la situation et compte redresser les déséquilibres financiers du pays.

Bouchouareb «a démissionné» de son propre chef
Sur le cas de l’ancien ministre de l’Industrie et néanmoins cadre et membre influent au parti, Ouyahia a réfuté les rumeurs selon lesquelles, Abdesselam Bouchouareb aurait été évincé du BN du RND.
Pour le patron de la deuxième force politique, c’est Bouchouareb lui-même qui a émis le vœu de se mettre en retrait avec ses fonctions politiques. En effet, l’absence de l’ex-ministre à la réunion du BN, de vendredi dernier, a attisé la polémique sur son avenir au parti.
À ce titre, faut-il rappeler que plusieurs médias ont spéculé sur les raisons d’«une mise à l’écart» de celui-ci. Or, «Abdeslam Bouchouareb m’a appelé pour me faire part de sa volonté de quitter le bureau national pour des raisons personnelles. En ma qualité de SG du parti, j’ai envoyé une lettre au BN pour le libérer de ses fonctions », a expliqué Ouyahia.
Hamid Mecheri