fln-rnd

Ouyahia minimise la portée de la « tripartie-bis » et Ould Abbès explique les privatisations en vue : Télescopage FLN-RND

Des sources du Bureau national du RND ont affirmé que lors de la dernière réunion du Bureau avec son secrétaire-général et néanmoins Premier ministre, Ahmed Ouyahia, celui-ci a laissé entendre que la Tripartite version FLN ne gène pas le gouvernement, prenant le contre-pied de ce que disaient certains politiques que la rencontre FLN-UGTA-FCE a constitué une sorte de gouvernement parallèle au détriment d’Ouyahia.

Selon les mêmes sources, le SG du RND avait aussi exclu tout remaniement ministériel «pour le moment» en balayant là aussi d’un revers de la main tout ce qui a eu trait à ce sujet ces derniers jours. Toutefois, les déclarations continuent à affluer de la part des chefs des deux partis au pouvoir, donnant l’impression d’un télescopage qui aurait gagné à délimiter le champ d’expression politique.
En effet, une des dernières déclarations du secrétaire général du Front de libération nationale, Djamel Ould Abbès, lors de son allocution prononcée en marge d’un colloque régional –regroupant les élus de six wilayas de l’Ouest du pays- tenu samedi à Tiaret, a été de dire que son parti soutenait le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans ses décisions, notamment celles portant sur l’identité amazighe, la consécration du premier jour de l’an amazigh « Yennayer » fête nationale chômée et payée, la création de l’Académie de Tamazight ainsi que la restitution des crânes des résistants et les archives qui datent de l’époque coloniale.
Si tout cela cadre parfaitement avec son statut de parti hégémonique en Algérie, il n’en n’est pas autant pour ses propos sur certains axes de l’économie nationale, et qui, en principe, relèvent des prérogatives soit directement du Premier ministre, soit de son ministre de l’Industrie, notamment dans un contexte de récession où chaque propos est décortiqué et analysé, de fond en comble, aussi bien au plan intérieur que par la communauté économique étrangère. Ainsi, Ould Abbès a beaucoup parlé des choix économiques récents, et qui agitent les milieux d’affaires, à savoir les privatisations.
Le SG du FLN a précisé que la procédure ne concerne pas les sociétés stratégiques telles que Sonatrach et Sonelgaz, mais les PME, dont celles montées dans le cadre du dispositif d’aide à l’emploi, insistant ainsi sur le maintien du capital des firmes en question, des emplois et des salaires. Sur le plan interne à son parti, Ould Abbès a rappelé ses élus issus des dernières élections à tenir leurs engagements de campagne. Mieux, «veiller à la propreté et la transparence» en s’interdisant «tout recours à la corruption» dans la gestion des affaires de la collectivité locale. Une manière pour lui de mettre le FLN à l’abri des scandales en lien avec l’argent sale, au risque, encore une fois, de s’attirer les foudres de ses adversaires.
En outre, Ould abbès n’a pas manqué d’adresser des fléchettes à son alter égo du RND, en tenant à rassurer ses élus locaux quant «à la disponibilité des fonds permettant la réalisation de tous les programmes», niant ainsi l’«incapacité de l’État de payer les salaires des employés», comme propos tenus mi-septembre par le Premier ministre qui plaidait, alors, le recours à la planche à billets.
Par ailleurs, abordant la prochaine élection présidentielle le SG du FLN a fait part d’une de «ses annonces prophétiques» en tablant sur un taux de participation qui dépasserait la barre des 80%. Certains propos peuvent paraitre apaisants au plan économique, mais placés sur une échelle politique, cela peut donner matière à réflexion, tout au plus de la part des partisans du RND, qui voient d’un mauvais œil l’empiétement de Ould Abbès sur les plates-bandes du Premier ministre.
F.O.