Ouyahia

Ouyahia face au dialogue recherché par Bouteflika : Dépasser le duopole FLN-RND

Que le Premier ministre Ahmed Ouyahia se réunisse avec quatre partis politiques représentant le soutien présidentiel, est en soi-même une initiative qui en appelle à penser que le plan d’action qui sera prochainement présenté à l’Assemblée nationale doit être servi par un minimum d’adhésion politique, sinon consensuelle, du moins intégrative, pour espérer réussir.

Hier, c’était aux quatre partis dits de la coalition autour du programme présidentiel de se rencontrer, à Alger, pour une journée de « rapprochement » autour du Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Le FLN, le RND TAJ et le MPA doivent raccorder leurs propos, se concerter, avoir une idée claire du programme dit plan d’action du gouvernement, pour le soutenir résolument à l’APN prochainement. À eux seuls, ces partis avoisinent les 65% du total des députés à l’Assemblée nationale et peuvent faire passer aisément le plan d’action d’Ouyahia.
Toutefois, là n’est pas le souhait du président Bouteflika, qui avait clairement signifié à tous la nécessité d’aller vers un consensus, une union nationale pour faire face aux défis générés par la récession économique et le reflux des rentrées en devises, qui font plonger le pays dans une crise sans précédent.
L’adhésion des autres partis au plan d’action d’Ouyahia, à commencer par les islamistes du MSP est plus que souhaitée par le président de la République. Des décisions vont être prises pour faire face à cette crise, et ces décisions pour la plupart, ne seront ni populaires, ni mêmes « avalées » par les citoyens, d’où l’urgence de se doter d’un minimum consensuel avec les autres partis, afin d’éviter tout frémissement social.
Le gaz de schiste sera sollicité de nouveau. Or on sait tous qu’elles furent les réactions des populations du Sud pendant de longs et douloureux mois, avant de mettre le projet en veilleuse, en attendant mieux. Or l’Algérie dispose des 4emes plus grandes réserves mondiales en gaz de schiste, d’où la nécessité de revenir « sur la pointe des pieds » vers ce projet. Une adhésion des partis d’opposition est devenue sur ce plan-là, par exemple, plus que nécessaire.
Concrètement, l’Algérie continue à dépendre des seules ressources que permettent les hydrocarbures (95% de ses recettes extérieures et 60% du budget de l’État). Et en attendant que soit concrète la vision d’une économie diversifiée, l’on continuera aussi longtemps encore à attendre ce que la manne pétrolière à accompli de bon ; et c’est encore paradoxalement, cette manne même pétrolière qui dictera les choix possibles hors hydrocarbures.
F.O.