Opep

OPEP-non OPEP : Une réunion sur fond de menaces américaines

Se montrant plutôt menaçant, le président des États-Unis, Donald Trump, a tenté de torpiller, via un tweet provocateur, la réunion du Comité des représentants des membres de l’OPEP et leurs alliés non-OPEP, laquelle se tient aujourd’hui, à Alger.

En effet, le tweet de Donald Trump se lit, irrévocablement, telle une menace à l’adresse des monarchies du Golfe, à qui il intime l’ordre de baisser les prix de l’or noir. « Nous protégeons les pays du Moyen-Orient, ils ne seraient pas en sécurité pour très longtemps sans nous, et pourtant ils continuent à pousser les prix du pétrole toujours plus haut ! On s’en souviendra. Le monopole de l’OPEP doit baisser ses prix maintenant», lit-on dans le tweet du président américain dont l’ambition politique viserait à affaiblir l’Iran en remplaçant sur le marché, par le maximum de production, le pétrole iranien sanctionné par Washington.
Certes la pression américaine, en perspective des élections à mi-mandat, pèse lourdement sur le marché mondial qui reste en alerte à ce qui se dira lors de la réunion d’Alger, qui sera suivie en novembre prochain de la réunion de Vienne, nonobstant, cette réunion d’Alger pourrait éventuellement conduire à des annonces d’augmentation de la production, mais il reste que la question qui s’imposera dans ce cas reste de savoir d’où pourraient bien venir ces barils supplémentaires. Par ailleurs, seules la Russie et l’Arabie saoudite, plus grands producteurs de pétrole avec les États-Unis, pourront faire l’annonce d’une nouvelle augmentation de la production, mais ce ne sera pas sans conséquence. En effet, si la Russie et l’Arabie Saoudite conviendront d’augmenter le niveau de leur production, le marché mondial aura du mal à absorber les chocs de production futurs. Mais avant d’en arriver à cette thèse, il faut noter que la Russie et l’Arabie saoudite pompent déjà à des niveaux records leur pétrole et que les autres pays membres de l’Organisation, dont une grande partie aura du mal à aller au-delà de ses quotas de production ne sont pas en mesure de perturber la donne. Certes, le tweet de Trump s’ajoute à l’amas de thèmes fondamentaux qui ballottent les prix du pétrole et ouvre la voie devant une certaine volatilité, d’ailleurs après avoir réagi par une légère baisse jeudi au message menaçant du président américain, le cours du brent est remonté vendredi à la barre des 79,42 dollars sur l’InterContinental Exchange, en hausse de 72 cents par rapport à la clôture de jeudi. Une hausse qui confirme cette volatilité des prix, au gré des menaces proférées par Donald Trump.

L’iran ; quelle position sur l’échiquier
Malgré que l’Iran a peu de poids sur la politique de l’OPEP, les décideurs iraniens se sont déclarés foncièrement résolus à opposer un veto à toute décision de la réunion d’Alger lui portant atteinte.
De fait, l’appel saoudien et russe de juin dernier pour une augmentation de la production de l’offre de pétrole sur le marché se révèle être une entreprise très difficile voire périlleuse, dans la mesure ou toute augmentation risquerait, ainsi, de mettre en péril l’accord de décembre 2016 de limitation de la production, qui a pourtant réussi l’exploit de maintenir les prix à une moyenne de 70 dollars et éviter une chute des cours aux conséquences catastrophiques pour les producteurs. Quoi qu’il en soit, et comme a tenu à le faire remarquer le ministre iranien, qui ne prend pas part à cette rencontre, quel que soit le sens que prendront les décisions attendues de cette réunion, celles-ci ne seront contraignantes que si elles sont prises par l’ensemble des États membres de l’OPEP.
Zacharie S Loutari