Oléiculture

Oléiculture : La mouche d’olive menace la production à Bouira

La mouche d’olive menace «sérieusement» la production oléicole cette année dans la wilaya de Bouira, où cet insecte a commencé à faire des dégâts dans les vergers, notamment dans la commune d’El-Asnam, ont mis en garde jeudi des experts en oléiculture.

«À El-Asnam, des techniciens ont mis des pièges pour détecter cet insecte et ont découvert une cinquantaine de mouches sur un seul piège», a averti Faouzi Midoune, ingénieur et contrôleur principal de la station régionale de la protection des végétaux, lors d’une rencontre initiée par l’association locale de l’oléiculture afin de sensibiliser les oléiculteurs de la région sur les dangers de cette mouche qui fait des ravages dans les vergers oléicoles. «Cela est vraiment grave et dangereux. La production risque d’être compromise cette année si les agriculteurs ne traitent pas leurs oliviers», a-t-il ajouté. Au cours de cette journée de sensibilisation, l’expert a expliqué aux agriculteurs présents que la mouche d’olive constitue une véritable menace pour l’oléiculture, notamment en cette période où le climat est très favorable pour sa propagation et sa multiplication dans les vergers oléicoles. «Le climat actuel, avec des température variant entre 18 et 30 degrés, favorise beaucoup l’apparition de la mouche d’olive, et fait des dégâts notamment dans la période allant de septembre à la récolte», a souligné M. Midoune. Pour sa part, le président de l’association locale de l’oléiculture, Toudert Arezki, a tiré la sonnette d’alarme face à cette menace. «Cet insecte (la mouche d’olive) menace sérieusement la production oléicole cette année, et les dégâts peuvent atteindre 30 à 40 % des arbres», a averti M. Toudert. Les femelles de la mouche nouvellement écloses émettent des phéromones, qui attirent les mâles. Dès la fécondation, la femelle se met à la recherche d’olives. Elle incise la peau d’une olive de taille convenable avec son ovipositeur et introduit l’œuf sous la peau. Avec l’extrémité de sa trompe, elle aspire le jus de l’olive, badigeonne en léchant autour de la surface de la piqûre et réabsorbe les liquides. «Le femelle marque l’olive par le dépôt d’une substance odorante. Ce marquage a pour but d’empêcher la mouche de piquer la même olive deux fois mais n’empêche pas d’autres mouches de piquer», a expliqué M. Midoune. «À une température moyenne de 25°, la larve éclot au bout de deux à trois jours. Elle est blanche dans les olives jeunes (vertes) et acquiert une teinte vineuse dans les olives mûres (noires). La larve creuse une galerie dans la pulpe de l’olive en restant à l’intérieur. L’olive attaquée vire au noir et peut tomber au sol», a précisé l’intervenant. Pour faire face à cet insecte, les participants à cette rencontre ont préconisé la lutte biologique, dont le piégeage, jugé indispensable pour détecter l’apparition des adultes dans les vergers et permettre un positionnement optimal des traitements.