Azzedine Mihoubi

Nouvelle orientation : Subventionner les projets à coût limité des jeunes

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a déclaré jeudi que « la nouvelle orientation » de son département consiste à subventionner les « projets cinématographiques à coût limité des jeunes », estimant « infructueux désormais de produire des films à coût élevé ». « L’ère du financement à cent pour cent des films par l’Etat est révolue », a affirmé M. Mihoubi dans un entretien au journal « El Khabar » avant de préciser que les films à coût élevé étaient des « projets stratégiques » qui s’inscrivent en dehors « des critères retenus par le ministère de la Culture à travers la subvention du nouveau cinéma ».
Il a indiqué que l’Etat interviendra en tant que « partenaire » dans la production d’œuvres cinématographiques avec la participation de différentes autres parties, soulignant que la tutelle « contribuera avec un taux précis » à la subvention du film.
Evoquant le film « l’Emir Abdelkader », M. Mihoubi a rappelé de nouveau, que le travail « est gelé » car exigeant « un degré élevé de qualité et de maîtrise » et un scénario qui renferme les différents aspects de la personnalité de l’Emir et une société de production « sérieuse » y compris algérienne et jouissant d’ »une vision précise pour produire un film international ». « Il n’y a aucun inconvénient » à faire appel à un partenaire étranger pour la production du film, a-t-il dit réitérant que l’examen de ce projet aura lieu après la production par le ministère des deux films « Ben M’hidi » et « Ben Badis ».
Lors d’une plénière en février dernier à l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre de la Culture a relevé que le film sur l’Emir Abdelkader est actuellement gelé en raison de l’absence d’un « bon scénario » pouvant retracer la personnalité « singulière » de l’Emir et de son financement.
S’exprimant sur la contribution du privé à l’activité culturelle, il a estimé que les investisseurs privés en Algérie n’avaient pas la culture de l’investissement dans ce domaine comme le cinéma, le théâtre, les arts plastiques et autres même « si rien ne les empêche de le faire ». Il a insisté à ce propos, sur la nécessité de « sensibiliser » ces investisseurs en les invitant à investir dans le secteur de la culture, rappelant l’existence d’initiatives dans ce domaine, d’Algériens et d’étrangers, et tout particulièrement dans le cinéma.
D’autre part, M. Mihoubi a jugé impératif de « réviser la loi sur le cinéma » qui comporte certaines « entraves » inhibitrices de la capacité des sociétés cinématographiques algériennes dans le domaine de commercialisation, de tournage et de distribution.
Les lois doivent être « plus souples et à l’extrême même » comme c’est le cas des textes de lois sur le cinéma dans les pays voisins, a-t-il poursuivi.