Tebboune

Nouveau cahier des charges de l’industrie auto : Le gouvernement durcit le ton !

Une fois que le nouveau cahier des charges de la construction automobile sera définitivement divulgué, l’industrie des véhicules devrait monter en puissance dans les prochaines années. Du moins, tel que le prescrivent les objectifs du nouveau Gouvernement. En effet, des grandes firmes de renommée mondiale ont manifesté un intérêt particulier pour investir en Algérie, à l’image de Toyota, Nissan, Suzuki, Mitsubishi, Fiat Chrysler ou encore Peugeot. Si ces entreprises ont voulu créer des usines de production dans notre pays, ce n’est que pour contribuer à la dynamique de l’industrie automobile dans le continent africain, notamment dans la sous-traitance automobile. D’ailleurs, à ce sujet, le Gouvernement se focalise sur «l’importance qu’accorde l’Algérie au développement de son partenariat économique avec ses partenaires possédant un important tissu industriel constitué principalement de Petites et Moyennes entreprises». Sachant que le secteur automobile constitue un axe prioritaire pour hisser des partenariats bénéfiques pour toutes les parties. Maintenant, il reste à savoir si l’État pourra convaincre ces partenaires à s’engager à fond dans ce domaine, où les forcer à faire machine arrière ?
À présent, le ministre de l’Industrie et des Mines, Mahdjoub Bedda, a révélé, dimanche, via un communiqué, les grandes lignes du nouveau cahier des charges régissant l’industrie automobile. D’emblée, le ministre, qui avait fortement critiqué la politique de l’industrie automobile de son prédécesseur, en l’a qualifiant d’«importation déguisée», s’est contenté, depuis, de l’engagement de réforme pour mieux calibrer ce secteur, selon les exigences du Gouvernement. Ceci, à même d’éviter d’entrer en conflit avec les opérateurs déjà installés à travers le pays.
Dans ce contexte, le ministre a tenu à préciser que ce nouveau cahier des charges se fera de manière «consensuelle, impliquant, sans exclusion, toutes les parties prenantes concernées par cette activité». Lors de cette première phase, plusieurs réunions, regroupant des cadres de ce ministère et des experts du domaine, ont eu lieu , et ce, pour apporter des modifications et de rectifier le texte en vigueur qui n’a pas permis d’atteindre les objectifs escomptés par les pouvoirs publics. Il est à signaler que les principales conclusions de la commission en charge d’évaluer ce cahier des charges portent principalement sur «l’exigence, à moyen terme, d’exporter une partie de la production et une participation minimale du partenaire étranger dans le capital des sociétés algériennes créées». Le projet de texte exige également des «constructeurs de mobiliser leurs sous-traitants et équipementiers afin d’aider les entreprises nationales à augmenter le taux d’intégration, et d’encourager la création d’une industrie de sous-traitance».
Bien que l’épilogue de cette histoire de montage de véhicules semble un peu loin, l’on se demande si le ministre réussira sa mission, pour remporter sa première bataille qui l’opposait, aussitôt en poste et de manière implicite, aux acteurs de l’industrie automobile.
Il est clair que l’expert en économie qu’il est ne veut pas lâcher le morceau, pas aussi facilement en tout cas, car, au-delà, il accorde une importance capitale à la formation qui constitue, pour lui, un «autre axe de coopération très important» entre l’Algérie et ces partenaires économiques. Il est évident, si l’Algérie veut asseoir une véritable industrie automobile, elle aura besoin d’un transfert de technologie et du savoir-faire de ses partenaires dans la mise en place des entreprises de sous-traitance, dont dépend le taux d’intégration, tant recherché.
D’ailleurs, Bedda le dit en connaissance de cause. «L’importance de la formation pour les cadres et la qualification dans le milieu professionnel dans le secteur de l’automobile sont primordiales». Tout en soulignant que la démarche préconisée par le Gouvernement est à même de faciliter la tâche aux investisseurs qui veulent travailler en Algérie. À sa démarche de faire, le ministre a donné un signal fort aux investisseurs, en assurant de cette réorganisation du secteur comme étant un signe d’encouragement pour la mobilisation des porteurs de projets dans l’automobile.
Pour rappel, suite à la finalisation de la première phase du nouveau cahier des charges, la commission installée par le ministère de l’Industrie poursuivra son travail sur de révision, dans la mesure où le texte actuel présente «des failles». Il s’agira de corriger les anomalies dans la mouture de ce projet annoncé pour les prochains jours.
M. W.