Non, Moussa, pas toi !

Et voilà que Moussa Touati nous sort son tube de l’été ! Une grève de la faim pour protester contre «le trafic électoral» (…) «en faveur du FLN et du RND, les partis du régime». Rien que ça !

Très perspicace, avec le coup d’œil du gendarme averti, notre Moussa national est bien décidé à nous gratifier d’une vadrouille estivale, impensable quelques scrutins plus tôt, lorsqu’il innovait dans la transhumance politique, dont il a le secret et les droits d’auteur, avant même que ne soit mis au jour le phénomène de la «chkara» qui continue d’ébranler le FLN et qui a contaminé le RND. Qui n’a pas souvenance de ces têtes de listes qui débarquaient au FNA à chaque échéance électorale, méconnus du parti de Moussa et de ses «militants» que de mauvaises langues accusaient de monnayer cette appartenance aux fins de parvenir aux conseils municipaux et de wilaya et parfois à l’Hémicycle ZighoutYoucef ? Pourtant, Moussa Touati, un intermittent de la politique, apparaissant et disparaissant, tel un croissant lunaire, au gré des échéances électorales, connaît parfaitement «le trafic électoral» et la grande mascarade politique qui l’a vu naître lui et son parti. Et sans lesquels, il serait resté, totalement, anonyme pour les Algériens, et ceux qui le connaissent parleraient aujourd’hui de lui comme le petit gendarme du coin qui dressait les PV de la circulation et rendait service, sans contrepartie, à ses concitoyens. C’est qu’il a gagné beaucoup, Moussa, dans cette cacophonie politique, dont il s’évertue, maintenant qu’elle est devenue désuète, voire obsolète, à en critiquer ce chapitre du «trafic électoral» qui l’a fait grandir dans un passé récent, et qui lui a donné cette force et ce trop-plein d’énergie qui le poussent aujourd’hui à vouloir se sevrer de nourriture. Et même sur un plan personnel, il en a gagné et appris énormé- ment. Un nouveau statut d’homme politique qui pouvait rêver d’un destin ministériel et présidentiel dans l’Algérie des miracles (dommage que cette idée survient au moment où un jeune énarque de 39 ans s’apprête à diriger la France) et il a même accru ses connaissances de la langue de Molière. Mieux que Cheb Khaled, tout de même pour ceux qui n’aimeraient pas le français de Moussa Touati. Reste à savoir s’il est crédible, ou pas, en tant que politique. Mais là serait le dernier de ses soucis comme bien d’autres. A-t-il la capacité des dirigeants du FLN, en oubliant bien entendu l’intermède de Saïdani, ou du RND, pour oser étalonner son parti sur leur dimension ? En toute sportivité, que notre ami Moussa Touati sache, une bonne fois pour toutes et idem pour toute la classe politique, que le FLN et le RND sont comme le Real de Madrid et le FC Barcelone. Tous les clubs les détestent et cherchent à les battre mais tous leurs adversaires s’arrachent le maillot de Ronaldo et de Messi à la fin du match. Cela s’appelle le fair-play. Il en va de même pour la politique. Il faut apprendre à assumer les «règles du jeu». À moins que Moussa ne soit pas, une fois de plus ou de trop, en mission commandée.

A. T.